vive la rentree

6 Astuces pour une rentrée réussie !

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Ça y est, c’est la fin des vacances et avec elles une certaine forme d’insouciance et de légèreté. La rentrée est pour beaucoup synonyme de stress et d’appréhension.  Pour les enfants, il faut se refaire de nouveaux amis, rencontrer de nouveaux professeurs et, pour les parents, installer une nouvelle routine avec une myriade d’activités et une multitude de contraintes à gérer. VivaLing vous aide à aborder cette période de l’année avec confiance et sérénité en vous livrant 6 conseils.

 

  • Favorisez le sommeil.

Pendant l’été, les enfants n’ont pas d’horaire de coucher fixe, ce qui est compréhensible. Mais le sommeil est essentiel pour une année scolaire sereine et productive. Aidez vos enfants à se remettre sur la bonne voie en les mettant au lit et en les réveillant plus tôt au moins une semaine avant la reprise des cours.

  • Rencontrez les enseignants de vos enfants.

Vous aurez certainement l’occasion d’assister à des journées portes ouvertes et à de multiples réunions de présentation au début de l’année scolaire, mais aucune ne vous donnera la chance de passer du temps de qualité avec les enseignants de vos enfants. Essayez de trouver quelques minutes avant ou après l’école pour les rencontrer en tête-à-tête. À tout le moins, envoyez-leur un e-mail d’introduction afin de vous présenter et demander des conseils sur la meilleure façon d’aider votre enfant tout au long de l’année.

  • Faites des devoirs un moment privilégié.

Planifiez dans l’emploi du temps de votre enfant un créneau quotidien pour les devoirs. Définissez avec lui un endroit tranquille et confortable dans la maison où il pourra travailler (sa chambre, un bureau…) et équipez-le des fournitures nécessaires pour bien étudier (recharges de stylo, feuilles, cahiers…). Plus votre enfant disposera d’un moment et d’un endroit privilégié, plus il sera motivé pour faire bien travailler tout au long de l’année.

  • Planifiez un temps de lecture quotidien.

La lecture est un facteur clef de réussite scolaire : cela permet d’enrichir le vocabulaire de votre enfant, son aisance à l’oral comme à l’écrit. Cela développe son imagination, sa créativité et enrichit son univers intérieur. C’est aussi un moment de partage unique qui vous permet d’explorer de nouveaux mondes et de vivre de nouvelles aventures avec votre enfant. Essayez donc de consacrer chaque jour 20 minutes pour lire avec votre enfant. En grandissant, votre enfant conservera ce gout et ce plaisir de lire au quotidien.

  • Encouragez et motivez.

Chaque année scolaire qui commence est un nouveau défi à relever pour votre enfant. Quel que soit ses résultats passés, faites-lui part de votre soutien et de votre confiance pour cette nouvelle année. Encouragez-le à faire de son mieux, dédramatisez les échecs et rappelez-lui qu’il peut toujours vous solliciter en cas de besoin.

  • Sélectionnez les bonnes activités.

Chaque enfant a des goûts et des aptitudes différents. En ce début d’année, prenez le temps de vous asseoir avec votre enfant pour comprendre ce dont il a envie et besoin, et voir ce qui peut tenir raisonnablement dans son emploi du temps et dans le vôtre. Apprendre une nouvelle langue vivante fait partie des activités qui dotera votre enfant d’un formidable atout pour l’avenir, tant au niveau personnel que professionnel. VivaLing vous offre la possibilité de faire ce magnifique cadeau à votre enfant dans les meilleures conditions : des cours ludiques et interactifs, 100% personnalisés avec un professeur particulier qualifié et expérimenté, sans avoir à sortir de chez vous !

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Pourquoi les enfants apprennent mieux : la science nous éclaire enfin

Le commun des mortels l’a observé et la science expérimentale l’a confirmé : les enfants sont plus aptes que les adultes à apprendre les langues étrangères et à atteindre un niveau élevé. Quelles en sont les raisons ? Toutes choses égales par ailleurs, ce sont la neurologie et la psychologie qui vont nous fournir la réponse.

Les explications neurologiques s’intéressent à l’état du cerveau et sa capacité à mener à bien une tâche donnée à un certain stade de son développement. Plusieurs pistes furent explorées dès les années 60. L’une portait sur la maturation du cerveau et suggérait que celui-ci était comme une tablette d’argile : une fois gravée avec la langue maternelle elle ne pouvait s’effacer, être réécrite ou complétée par une langue étrangère. Une autre explication se concentrait sur les interférences de la langue maternelle et affirmait qu’une fois celle-ci acquise, c’est le mécanisme d’apprentissage lui-même qui était complètement démantelé, afin de réaffecter les tissus neuronaux – ressource rare – à d’autres tâches. On sait aujourd’hui que ces explications extrêmes sont pour certaines fausses et pour d’autres incomplètes et simplistes.

En revanche, on en sait beaucoup plus sur d’autres phénomènes liés à l’âge et affectant la capacité à apprendre une langue étrangère. Le premier d’entre eux est la diminution de plasticité cérébrale avec le temps. La neuro-plasticité, ou plasticité cérébrale, ou encore plasticité du cerveau, désigne le changement des circuits neuronaux sous l’effet de l’environnement ou de l’expérience. A chaque nouvel apprentissage (que ce soit un savoir ou une aptitude), de nouveaux câblages cérébraux se créent de sorte à permettre la transmission de l’information et son traitement. A l’inverse les connexions inutilisées sont détruites pour optimiser le fonctionnement et la performance du cerveau. A la naissance, chaque neurone (et on en compte quelque 100 milliards) possède 2500 synapses permettant les connexions neuronales. A l’âge de 2-3 ans, ce nombre de synapses par neurone a augmenté à 15000, soit … le double de la quantité à l’âge adulte. En effet par élagage neuronal, la densité synaptique décroit progressivement à partir du milieu de l’enfance et de l’adolescence à un rythme propre à chaque partie du cerveau. De plus, la myélinisation (« gainage » des axones) renforce encore l’efficacité des transmissions neuronales retenues, au détriment de flexibilité du cerveau à établir de nouveaux circuits neuronaux. La spécialisation des zones du cerveau à des fonctions spécifiques et très précises se poursuit. La neuro-plasticité diminue donc inexorablement avec la maturation du cerveau. Les processus comme l’apprentissage des langues connaissent une fenêtre d’opportunité privilégiée qui succède aux fonctions sensorielles de base et précède les fonctions cognitives supérieures.

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Sur la base de la plasticité cérébrale, l’apprentissage connait des périodes sensibles successives concernant : les sens à la petite enfance, les langues et les fonctions motrices à l’enfance, et plus tard les fonctions cognitives supérieures (mathématiques, pensée critique, etc…) (credit : adapté de Hensch, 2005, Nature Reviews Neuroscience)

 

David Birdsong, l’un des chercheurs actuels en pointe sur les effets de l’âge d’acquisition, en recense d’autres causes. D’abord, le déclin généralisé des capacités cognitives avec l’âge est un phénomène régulier qui n’épargne pas l’apprentissage des langues. Ensuite, les interférences de la langue maternelle augmentent probablement avec l’âge – qui marque la durée d’usage de cette langue. Enfin, selon les psych0-linguistes, avec l’âge disparaît l’accès à la Grammaire Universelle – cette capacité innée à apprendre le langage chère à Chomsky – ou tout autre mécanisme d’apprentissage spécifique aux langues.

Les causes socio-psychologiques liées à l’âge sont de nature complètement différente mais non moins significatives. Les enfants ne ressentent pas de gêne à la nouveauté, puisque tout est nouveau et que du même coup rien n’est vraiment anormal. Les sons même très différents de ceux de la langue maternelle ne sont pas effrayants pour autant. Les enfants les prononcent avec conviction là où les adultes pourraient hésiter à les appuyer avec la même énergie, tant ils sont « étranges ». De manière plus importante encore, l’enfant n’aura pas peur d’essayer même sans être complètement sûr, de se lancer, quitte à se tromper et à recommencer. Les autres enfants ne porteront d’ailleurs pas de regard critique, du moins pas dans les mêmes proportions. L’adulte, lui, pourra ressentir une certaine gêne, celle de faire des erreurs ou de ne pas être à la hauteur. Il pourra craindre que son statut social exprimé naturellement dans sa langue maternelle se trouve dégradé par une maitrise moins bonne de l’autre langue. Bref, la conscience sociale plus aigüe joue parfois contre l’apprentissage des langues par les adultes.

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Indépendamment de la qualité des conditions d’apprentissage – dont nous reparlerons-, l’enfant aura donc plus de facilité à apprendre une langue étrangère que l’adulte, pour des raisons à la fois neurologiques et socio-psychologiques. Voilà pourquoi il faut profiter de la période sensible de l’enfance, si favorable.

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Chaos dans la seconde langue de mon enfant – c’est grave docteur ?

Avez-vous déjà été déconcerté par la progression imprévisible et chaotique de votre enfant dans l’apprentissage d’une seconde langue ? Des progrès fulgurants semblent suivis de périodes plus lentes, voire laborieuses, voire même de régression. Une notion qui semblait acquise, et voilà soudain que votre enfant fait une faute là où il ne butait jamais. Ce verbe irrégulier, pourquoi le conjugue-t-il maintenant comme un verbe régulier ? Et pourquoi ne comprend-il plus ces tournures qui lui paraissaient si évidentes auparavant ? Mais ce n’est pas le dernier rebondissement : quelques temps plus tard, il vous surprend par des expressions inattendues qui vous surprennent à nouveau.

C’est que l’apprentissage d’une seconde langue est aussi chaotique que, par exemple, les phénomènes météorologiques. Vous souvenez-vous de ce papillon imaginé par Lorenz qui, en battant des ailes à Tokyo, modifiait le climat à Dallas ? Une action apparemment anodine et à peine perceptible peut ainsi avoir des conséquences considérables, bien loin de son lieu de première manifestation et de manière complètement imprévisible.

Même le plus élémentaire des systèmes complexes, le double pendule ou pendule à deux degrés de liberté, présente un comportement extrêmement difficile à anticiper. Non pas que les équations n’existent pas, mais le système est tellement sensible que toute prevision dynamique en devient impossible. Dans la variante du double pendule filmée ci-dessous, regardez-donc le mouvement de la petite boule rouge quand le pendule principal est mis en branle. Bien malin qui pourrait en prévoir la trajectoire.

 

L’apprentissage des langues s’apparente lui aussi à un phénomène complexe. Il est remarquablement bien décrit par la théorie des systèmes dynamiques (Dynamic Systems Theory ou DST) qui a fait son apparition en linguistique il y a moins de vingt ans. L’apprentissage des langues dépend en effet d’un grand nombre de variables à la fois cognitives et sociales : la quantité de langue cible entendue et produite, le feedback reçu, la motivation intrinsèque et extrinsèque de l’apprenant, ses interactions avec les individus, les groupes ou la société l’environnant, sa connaissance en langue première et en langue seconde, l’historique et la durée d’apprentissage … et la liste fine est encore longue. Ces variables sont non seulement très nombreuses mais aussi interconnectées dans des dynamiques riches et complexes.

L’apprentissage est éminemment non linéaire : les effets ne sont pas proportionnels aux efforts. Prenez maintenant l’image, pour le parcours d’apprentissage, d’une longue randonnée. Au cours de la randonnée les jalons seront croisés et franchis les uns après les autres ; les acquis linguistiques, eux, ne forment jamais une suite régulière d’éléments maîtrisés proprement les uns après les autres. Ils constituent plutôt un ensemble mouvant dont les composantes se recouvrent, le tout dans un relief parsemé de fossés dont il est difficile de s’extraire ou de montagnes difficiles à gravir. Chaque nouvel état d’apprentissage est le résultat de l’effet conjugué d’influences multiples sur l’état précédent. Enfin, l’apprentissage dépend étroitement du point de départ de l’enfant, neurologique, physiologique, psychologique.

En êtes-vous maintenant convaincu ? Le chemin précis de l’apprentissage d’une seconde langue est dans une grande mesure imprévisible. Cependant, pour les enfants, le résultat final sera statistiquement une très bonne maîtrise de la langue. Le chaos en soi n’est donc pas à craindre mais à apprivoiser. La leçon pour l’enseignant, on le sait bien, est de personnaliser à l’extrême l’enseignement à l’apprenant, son histoire, son état présent; de réagir minutieusement à chaque évolution et de l’accompagner ainsi vers son objectif ultime. La leçon principale pour l’apprenant et sa famille est que, une fois trouvé le bon enseignant, il ne faut jamais céder au découragement mais au contraire persévérer et toujours encourager son enfant dans ses efforts. C’est ce que vous faites déjà, n’est-ce pas ? Ceci conduira votre enfant du chaos à l’apprentissage, de la difficulté à la réussite.

 

Pour en savoir plus :

De Bot, K., Lowie, W. & Verspoor, M. (2007). A dynamic systems theory approach to second language acquisition. Bilingualism : Language and Cognition, 10(1), 2007, 7-21.

 

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7 Tips to Help your Child Learn a New Language

Here are some tips to encourage and support your child in his learning journey. And you’ll see, you can do a lot to help!

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1- Show interest in your child’s Language learning experiences and encourage him or her to share them with you

2- Encourage your child to learn through meaningful language games

3- Read newspapers and books together, starting with books with attractive illustrations

4- Bring your child to the library or bookshops to cultivate a reading habit

5- Watch quality television programmes in the target language together

6- Make use of objects in your environment such as road signs and advertisements to engage your child in conversations in the target language

7-Build up your child’s confidence by not correcting his or her mistakes excessively

 

* Tips from “The new Chinese language curriculum for primary schools” by Singaporean MOE

VivaLing - Facteurs d'apprentissage

Trois facteurs déterminants pour l’apprentissage des langues par les enfants

Prenez un enfant à un stade donné de son développement. Toutes choses égales par ailleurs, l’efficacité de son apprentissage de langue étrangère sera déterminée par trois facteurs clés : la quantité d’activité langagière, la motivation, et l’interaction sociale.

Ce que nous résumons par activité langagière est en fait la réunion de plusieurs concepts différents et complémentaires qu’énonce parfaitement Shumei Zhang (2009). L’input est la quantité de langue cible à laquelle l’apprenant est expose et que son cerveau traite. L’input est indispensable, mais pas suffisant pris isolément. Le feedback, ou retour d’information (parfois appelé interaction), est nécessaire à l’apprenant pour la prise de conscience et la correction des erreurs. L’output, enfin, ou langue produite par l’apprenant, lui permet entre autres de tester ses hypothèses sur la langue cible et de développer l’automaticité de son discours. Notre cerveau étant un “super-ordinateur (…) doteé de puissants et rigoureux mécanismes d’inférence statistique“, comme le souligne Stanislas Dehaene (2013), professeur au Collège de France, l’input, le feedback et l’output seront d’autant plus efficaces qu’ils viendront en grande quantité et avec la qualité requise.

Il faut donc parler abondamment à l’enfant dans la langue cible, si possible régulièrement, et avec un bon niveau de langue (sans faute, de manière suffisamment claire pour qu’il comprenne et suffisamment sophistiquée pour que cela le fasse progresser). L’enfant doit être fortement incité à parler lui-même dans la langue cible, quitte à se lancer sans être sûr du résultat. Enfin il ne faut pas hésiter à le reprendre en cas d’erreur : ce n’est pas un reproche ou une réprimande mais bien une étape indispensable à son apprentissage.

 

L’input est indispensable à l’apprentissage de langue … mais pas suffisant

L’input est indispensable à l’apprentissage de langue … mais pas suffisant

Rebecca Oxford (1994) de l’Université d’Alabama le rappelle  : « la recherche démontre que la motivation influence directement la fréquence avec laquelle les étudiants utilisent des stratégies de seconde langue, combien ils interagissent avec des locuteurs natifs, combien d’input de langue cible ils reçoivent, dans quelle mesure ils réussissent a leurs examens, quel niveau général de langue ils atteignent, à quel point ils persévèrent dans leurs efforts et conservent leur niveau lorsque l’apprentissage formel est terminé. » La motivation, en effet, est l’un des facteurs d’apprentissages des langues les plus puissants. La motivation peut pallier certaines déficiences d’aptitude ou de quantité ; à l’inverse sans motivation, point d’apprentissage.

Un enfant désirera typiquement apprendre une langue pour s’insérer dans son milieu et avoir des amis ou bien pour réussir à ses examens ; sa motivation sera intrinsèque, par intérêt pour la langue ou par désir de réussite, ou bien extrinsèque, impartie avec plus ou moins de succès par son entourage. Les enseignants jouent un grand rôle dans la motivation de leurs élèves. La motivation tient aussi à l’absence de facteurs de démotivation : les parents, par exemple, ne doivent pas projeter leurs propres appréhensions vis-à-vis d’une langue qu’ils croient trop dure ; la société ne doit pas émettre de jugements négatifs sur une langue jugée inappropriée pour une raison ou une autre.

 

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La motivation, essentielle pour l’apprentissage des langues, varie d’un individu à l’autre en nature et en intensité (credit termcoord.eu)

L’Interaction sociale est le troisième facteur d’apprentissage. Il est déjà partiellement couvert par les deux précédents : en effet le feedback est souvent donné au cours d’une interaction sociale (et non par une machine), et la motivation provient bien souvent de l’intervention bénéfique d’une personne. Mais le phénomène va beaucoup plus loin. Sarah Roseberry (2011), du centre iLabs de l’Université de Washington, s’est intéressée à l’apprentissage linguistique d’un groupe de 42 enfants de moins de trois ans dans des conditions expérimentales différentes : d’abord avec un adulte présent en chair et en os, ensuite avec un adulte présent virtuellement via une interface en ligne de type Skype, enfin avec un adulte enregistré dans une séquence vidéo.

Les résultats sont sans appel : l’adulte vivant, qu’il soit présent physiquement ou à distance, permet un apprentissage équivalent alors que l’enregistrement vidéo a beaucoup moins effet. Ainsi, on peut douter très fortement, au moins pour les enfants en bas âge, de l’efficacité pédagogique des émissions et programmes pour enfants préenregistrés, même lorsque le personnage principal fait semblant de poser une question et d’attendre la réponse de l’enfant. Le fait est que l’enfant ne se laisse pas duper. Il a besoin, pour apprendre, d’une interaction réelle où son interlocuteur réagit effectivement à la direction de son regard, son expression faciale, ses changements d’attitude, ses temps d’arrêt ou de reprise, bref a la dynamique de son comportement et de son apprentissage.

 

Les personnages de certains dessins animés populaires ne dupent pas les enfants, même lorsqu’ils posent une question et font semblant d’attendre une réponse

Les personnages de certains dessins animés populaires ne dupent pas les enfants, même lorsqu’ils posent une question et font semblant d’attendre une réponse

Quantité d’activité langagière, motivation et interaction sociale : ne négligez aucun de ces aspects pour l’apprentissage de langue étrangère par votre enfant.

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5 mythes sur l’apprentissage par votre enfant d’une seconde langue

Un jour sans-doute vous aurez à décider d’encourager ou non votre enfant à apprendre une seconde langue. Voila 5 mythes qu’il vous faut d’abord dissiper.

  • Mythe 1 : La plupart des enfants sont monolingues, pourquoi se faire du souci ?

Et bien non. Plus de la moitié de la population mondiale grandit en fait en parlant plus d’une langue. Pour commencer, certains pays (comme par exemple Singapour) sont officiellement multilingues, et beaucoup d’autres le sont en pratique. En Chine, si le mandarin est la lingua franca, des centaines de millions de personnes parlent des langues régionales comme le shanghaïais, le cantonais ou le hokkien. En Inde la plupart des gens parlent l’une ou l’autre, voire les deux langues nationales (anglais et hindi), une langue régionale officielle (il y en a 22), et une langue locale ou familiale. Même en Europe, de plus en plus d’enfants grandissent avec plusieurs langues tant et si bien que les multilingues forment maintenant 54% de la population.

  • Mythe 2 : Laissez les enfants tranquilles, ils apprendront quand ils seront grands.

Si seulement c’était le cas – mais ce ne l’est pas. Il est vrai que les adultes progressent beaucoup plus vite, au début, grâce aux capacités analytiques et au savoir accumulés pendant toute leur vie. Mais ils plafonnent très rapidement. Et la hauteur de ce plafond varie grandement d’un individu à l’autre. En revanche, les enfants commencent peut-être plus lentement, mais eux – et eux seuls – pourront surmonter les difficultés de prononciation, d’exactitude et de fluidité. Gardez cette règle générale en tête : l’âge d’acquisition d’une langue est une très bonne indicateur du niveau finalement atteint. L’enfance est en effet une période sensible pour l’apprentissage des langues. Ah, et au fait, ils peuvent aussi apprendre en s’amusant.

  • Mythe 3 : Les enfants multilingues ont un retard de développement langagier.

Faux. Les enfants grandissant avec deux langues ou plus n’ont pas de retard de développement langagier particulier. Évidemment, leur vocabulaire dans l’une ou l’autre langue sera souvent inférieur à celui d’un monolingue ; mais pris ensemble, les vocabulaires des deux langues sont au moins aussi importants que celui d’un enfant monolingue. Il y a aussi des interférences positives, comme un savoir métalinguistique acquis au travers d’une langue et transféré à l’autre.

  • Mythe 4 : Les enfants multilingues confondent leurs différentes langues.

Non, pas du tout. En fait, dès la naissance, les enfants peuvent distinguer des langues différentes. Ce qui effectivement se produit, c’est qu’au cours d’une conversation, un enfant parlant plusieurs langues les mélange (au sens de “combine” ou “utilise simultanément”) mais ce n’est pas de la confusion. On appelle cela le code switching (et je viens de l’illustrer en utilisant un terme en anglais). Quelle en est la cause? C’est souvent que le bon mot vient d’abord à l’esprit de l’enfant dans l’autre langue (et peut-être ne le connait-il même pas dans la première langue). Cela n’arrive que lorsque l’enfant sait que son interlocuteur parle aussi la seconde langue. En conversation avec un monolingue ou si on leur demande de ne pas faire de code switching, les enfants s’en tiendront à une seule langue.

  • Mythe 5 : Il n’y a pas vraiment d’avantages à apprendre d’autres langues.

Ah bon ? Tenez-vous bien, quelqu’un prétend avoir calculé récemment le retour sur investissement de l’apprentissage de langue en étudiant les salaires ; selon lui seul l’apprentissage de l’anglais vaut le coup ! Mais être multilingue, c’est tellement plus qu’avoir un salaire plus élevé. Une vraie réussite à l’école et au travail, en captant les détails les plus subtils. L’ouverture à d’autres gens et cultures, en parlant à leur coeur et non pas à leur cerveau. Les avantages cognitifs non linguistiques, comme une plus grande capacité à traiter des information contradictoires. Et même, comme cela a été découvert récemment, une survenue plus tardive des maladies du grand âge comme celle d’Alzheimer.

Convaincus ? Dites-nous tout !

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Pour lire le chinois il faut commencer tôt

Dans toute langue écrite, les mots font l’objet d’une triple correspondance : la prononciation, l’écriture, et évidemment la signification (ou plus correctement le signifié). Ainsi, le mot français cheval désigne l’animal de trait et de course, se prononce /ʃə.val/et s’écrit c-h-e-v-a-l. L’écriture du français étant alphabétique et le mot cheval régulier, toute personne sachant lire saura prononcer correctement ce mot même s’il ne l’a jamais vu écrit auparavant. Comme nous l’explique S. Dehaene, la lecture emprunte ici la voie dite phonologique : les graphèmes sont mécaniquement convertis en phonèmes sans faire appel à des représentations sémantiques plus profondes.

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L’histoire est tout autre en ce qui concerne le chinois. L’écriture de toutes les langues chinoises est unifiée dans le système des idéogrammes. Ces caractères chinois se prononcent différemment dans chacune des langues de la super famille, par exemple dans la plus parlée d’entre elles qui est le mandarin. Il est souvent affirmé par les non-sinisants que l’association entre un caractère chinois et sa prononciation est complètement arbitraire ; de ce fait il serait impossible de prononcer un caractère chinois, même lorsqu’on en connait la signification, si l’on n’en a pas appris par cœur la prononciation auparavant.

 

La réalité est légèrement plus subtile. Certes, il est le plus souvent indispensable d’apprendre simultanément le caractère et la prononciation de tout mot chinois. Mais il faut souligner que 80 à 90% des caractères chinois sont en fait des caractères composés. Ils comportent une racine phonétique (il y en a à peu près 200) et une racine sémantique (il y en a environ 1000). La racine phonétique, souvent du côté droit du caractère composé, peut donner des indications sur la prononciation du mot. La racine sémantique, souvent à gauche, renseigne elle sur le sens du mot, au moins en indiquant la catégorie lexicale à laquelle il appartient. Par exemple, le mot cheval s’écrit马en chinois simplifie et se prononce (troisième ton) en mandarin. La mère, elle, se prononce mā ma (ma est redoublé, le premier se prononce avec le premier ton) ; le caractère de chacun des ma se compose à gauche de la racine sémantique de femme et à droite de la racine phonétique de cheval.

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Dans un article de 2007, Bao Guo Chen et ses collègues ont démontré que les effets de l’âge d’acquisition sur la lecture du mandarin (pour des locuteurs natifs) étaient d’autant plus importants que l’association son-caractère ou signification-caractère était arbitraire. Les caractères appris précocement étaient lus aisément ; les caractères appris tardivement étaient d’autant plus difficiles à lire que l’association au sens et à la signification était peu prédictible. En d’autres termes, plus il était difficile de déduire la signification et la prononciation d’un caractère, plus la qualité et la rapidité de la lecture pâtissaient de l’apprentissage tardif.

 

Ainsi, au sein même de la langue chinoise et pour des locuteurs chinois natifs, les effets de l’âge d’acquisition croissent avec la nature arbitraire de la correspondance entre signification, prononciation et écriture. Qu’en est-il des langues alphabétiques ? Dans celles-ci on peut par définition avoir une bonne idée de la prononciation d’un mot lorsqu’on le lit*. Or prise dans sa totalité, la langue chinoise est notoirement plus arbitraire dans ses correspondances que toutes les langues alphabétiques. On peut donc supposer que pour le chinois plus encore que pour les autres langues, il y a intérêt à apprendre la langue précocement afin de ne pas souffrir des effets accentués de l’âge d’acquisition sur la lecture.

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus :
Chen, B. G., Zhou, H. X., Dunlap, S. and Perfetti, C. A. (2007).Age of acquisition effects in reading Chinese: Evidence in favour of the arbitrary mapping hypothesis. British Journal of Psychology, 98: 499–516. doi: 10.1348/000712606X165484

Stanislas Dehaene (2007). Les neurones de la lectureEditions Odile Jacob

 

Note : * La situation varie toutefois de langue en langue. L’italien ou le turc, par exemple, sont extrêmement simples à prononcer à la simple lecture, tandis qu’une même orthographe anglaise peut se lire de multiples façons différentes (il suffit pour s’en convaincre de regarder la prononciation de la finale de  tough, through, thorough, etc…)

boy_puzzled (credit whiztimes)

Votre enfant pourrait-il oublier une langue ?

Les parents de Sarah et Jeremie* nous ont rapporté l’histoire linguistique familiale. De père français et de mère sud-africaine anglophone, les deux jeunes enfants grandissent en bilingues simultanés. Nés en Inde, entourés de nounous qui ont pour stricte instruction de ne parler que Hindi, les petits acquièrent rapidement une très bonne compréhension de la langue locale. Lorsque Sarah atteint l’âge de 5 ans et Jeremie celui de 3 ans et demi, la famille quitte l’Inde pour Singapour. Les deux enfants, au début, gratifient tous les Singapouriens d’un « namasté » enthousiaste – même ceux dont l’origine est manifestement chinoise ou malaise. Rapidement, leurs tentatives de communication s’avérant infructueuses, les enfants se rabattent sur l’anglais qui est compris par tous. Un beau jour, six mois après leur arrivée à Singapour, un Indien s’adresse à eux dans un Hindi très simple pour leur demander leur nom. A la surprise générale, les enfants restent muets, ne comprenant manifestement pas la question. Les parents décontenancés font d’autres tentatives en Hindi mais doivent bientôt se rendre à l’évidence : le Hindi de leurs enfants paraît s’être complètement volatilisé.

Le cas est loin d’être unique. Les familles expatriées, notamment, le savent bien et regorgent d’anecdotes sur le sujet. D’abord si promptes à s’émerveiller de l’acquisition linguistique quasi miraculeuse de leurs enfants, elles sont souvent interloquées de voir la seconde langue s’évanouir aussi vite qu’elle a été apprise. Dans son livre  Bilingual, Francois Grojean relate plusieurs témoignages : celui du petit Stephen, qui à l’âge de 8 ans avait déjà appris trois langues et oublié deux d’entre elles. Ou celui de Kai Fong, de langue maternelle cantonaise, émigré aux Etats-Unis avec ses parents à l’âge de 5 ans, et qui à 10 ans, ne parlant plus qu’anglais, se retrouve désormais incapable de converser avec les membres plus âgés de la famille.

Mais tous ces parents déboussolés nourrissent souvent un espoir secret : la langue manquante n’est-elle pas enfouie quelque part dans le cerveau, prête à resurgir si les conditions s’y prêtent ?

Pour répondre notamment à cette question de manière formelle, Christophe Pallier choisit d’étudier en 2003 des orphelins adoptés dans leur enfance ou petite enfance par des familles de langue différente. Les sujets finalement retenus sont des Coréens adoptés entre l’âge de 3 et 10 ans par des familles de langue française. Les enfants ont donc abandonné l’usage de leur langue maternelle, le coréen, du jour au lendemain. Parvenus à l’âge adulte, ils subissent une batterie de tests de la part de Pallier et son équipe. Les tests consistent par exemple à reconnaitre des phrases en coréen parmi d’autres langues, ou à identifier parmi deux mots la traduction coréenne d’un mot français. Pendant ces opérations l’activité cérébrale des sujets est observée par résonnance magnétique fonctionnelle. Pour chacune des expériences et observations, les résultats des orphelins coréens sont comparés à ceux d’un groupe de contrôle français. Le verdict est sans appel : les deux groupes sont quasi indiscernables ; les orphelins coréens n’ayant gardé aucune mémoire du coréen – ou presque. La seule différence est que les orphelins reconnaissent mieux que le groupe de contrôle une série de nombres en coréen.

Christophe Pallier rapporte néanmoins les conclusions d’autres chercheurs tendant à prouver certains acquis définitifs liés à l’exposition précoce à une seconde langue, même si celle-ci (voire même la langue maternelle) est plus tard « oubliée ». Ces avantages supposés ont trait essentiellement aux domaines de la perception et la production des sons – mais les conditions expérimentales étaient légèrement différentes et l’exposition au langage « oublié » n’avait pas été complètement interrompue.

Au vu des résultats, les actions à mener sont donc claires. L’enfance et la petite enfance permettent certes d’acquérir une seconde langue dans des conditions optimales, mais celle-ci, si elle n’est pas entretenue, peut disparaitre aussi vite qu’elle est arrivée. Il n’en restera rien, ou pratiquement rien. Il faut donc pratiquer ! Enfin, d’autres études mentionnées par Christophe Pallier ou compilées sur le site de Monika Schmid indiquent que si la langue est conservée jusqu’à la puberté, l’attrition sera par la suite beaucoup plus faible. Voilà une raison supplémentaire pour consolider ses acquis linguistiques en seconde langue jusqu’à la puberté au moins.
* Note : les prénoms ont été modifiés.

Pour en savoir plus :

Schmid, Monika. The attrition website

Grosjean, F (2010). Bilingual. Harvard University Press

Pallier, C (2007). Critical periods in language acquisition and language attrition.  In Barbara Köpke, Monika S. Schmid, Merel Keijzer, and Susan Dostert, editors,Language Attrition: Theoretical perspectives. John Benjamins, Amsterdam