VivaLing, Startup of the Month in Frenchweb

VivaLing frenchweb

Ce n’est pas un hasard si la Chine, où l’on dénombre près de 690 millions d’internautes, a toujours été au cœur de la stratégie de VivaLing, la start-up digitale lancée en 2014 à Singapour par deux anciens des Mines, Bernard Golstein et Zihan Wang, son associée chinoise. Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, VivaLing est la première plateforme disponible en trois langues (français, anglais et chinois) proposant un enseignement interactif en ligne pour les enfants avec de vrais professeurs natifs de langues étrangères.

Vivaling est positionné «haut de gamme» et propose des cours 100 % personnalisés au niveau, à la vitesse d’apprentissage et aux centres d’intérêt de l’enfant. Dès sa levée de fonds de 500 000 dollars singapouriens (soit environ 345 500 euros) réalisée à Singapour en avril 2015, VivaLing a annoncé que la priorité serait donnée aux marchés chinois et singapourien. «La Chine présente à la fois l’écosystème «consumer internet» le plus avancé du monde par son ubiquité, une soif d’apprendre l’anglais inégalée et un poids démographique sans équivalent» explique Bernard Golstein – chacune de ses caractéristiques suffirait à elle seule à justifier le choix de la Chine.

En novembre de l’année dernière, à l’occasion du Global Education Technology Summit & Expo (GET), soit le rendez-vous incontournable en matière d’Ed-Tech en Chine qui met à l’honneur les dernières innovations en matière d’intelligence artificielle, gaming et technologies au service de l’éducation, VivaLing faisait partie des start-up sélectionnées pour leur apport majeur en termes d’innovation. Le lendemain de l’événement, VivaLing lance son offre en Chine sous le nom de WeiLing, et ouvre son compte WeChat (ID: 微龄) ainsi que sa plateforme en mandarin ​www.WeiLing.com.cn​. Un démarrage sur les chapeaux de roue qui a largement dépassé les attentes des deux entrepreneurs.

Si VivaLing a rencontré un franc succès dès son lancement en Chine, Bernard Golstein, le PDG et co-créateur de la startup, insiste sur l’importance d’être présent sur place pour bien comprendre les spécificités de ce marché unique. «La Chine reste difficilement accessible à moins d’en maîtriser les codes, d’avoir de très solides relais locaux et une allocation de ressources en conséquence. C’est pour cela que toute l’équipe technique est dirigée par notre CTO (NDLR directeur de la technologie) chinois depuis Shanghai», explique-t-il. Il rappelle également le deuxième challenge auquel doivent faire face tous les entrepreneurs souhaitant se lancer sur un marché porteur en Chine : la vitesse à laquelle la concurrence va copier le concept. «À marché attractif, concurrence forcément très rude. En l’espace de deux ans, face à une apparence trompeuse de faible barrière à l’entrée, une multitude de services semblables ont émergé. Cependant, comme souvent pour les imitations, la plupart de ces nouveaux acteurs offrent une prestation de piètre qualité, visant au gain financier à court terme pour eux-mêmes et négligeant la qualité de l’enseignement, ce qui n’est pas durable. Enfin, contrairement à l’immense majorité de nos concurrents chinois, nous sommes nés globaux et avons déjà de jeunes apprenants dans plus de trente pays, ce qui diminue le risque d’échec, augmente les opportunités pour nos professeurs et l’attractivité pour les investisseurs.»

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Cette stratégie a permis à Vivaling de devenir en deux ans et demi une véritable multinationale avec des équipes dans plus de vingt pays et des jeunes apprenants répartis dans une trentaine de pays en Europe, au Moyen-Orient et en Asie.

VivaLing a tout misé sur son premier canal de développement: un bouche-à-oreille et un taux de satisfaction élevé de ses clients. La start-up utilise par ailleurs un système de parrainage. Grâce à une stratégie de communication digitale complète notamment sur les principaux réseaux sociaux internationaux, mais aussi locaux. Par exemple, en Chine, VivaLing utilise principalement WeChat, l’application de messagerie instantanée chinoise qui devient un écosystème de plus en plus complet et autonome, aussi bien pour la communication que pour l’aspect transactionnel. VivaLing a également noué des partenariats avec des supports online comme LePetitJournal.com, Devenir Bilingue ou Maman Vogue pour sa cible francophone, dont une grande partie est composée de familles expatriées. En revanche, le PDG de VivaLing ne conseille surtout pas les techniques de Search Engine Marketing (SEM): «Le coût d’acquisition clients a atteint des niveaux jamais vus ailleurs allant jusqu’à 1000 dollars par client. VivaLing n’utilise pas ces techniques désormais inopérantes dans notre marché en Chine.»

Le secret de la réussite de VivaLing ? L’humain! Selon Bernard Golstein, la communauté de coaches VivaLing est très vivante et fidèle. Contrairement à certains autres acteurs du marché qui sont de simples marketplace, Vivaling revendique une approche qualitative et investit beaucoup dans ses ressources humaines, notamment en formant et accompagnant ses coachs tout au long de leur carrière. Leur satisfaction se traduit, in fine, par une plus forte satisfaction des clients.

À terme, VivaLing souhaite renforcer son impact social en s’adressant aux plus démunis, que ce soit dans les pays développés ou au bas de la pyramide des pays émergents. En Chine, Bernard Golstein compte développer l’offre dans les villes chinoises de deuxième et troisième rangs. «Nos clients sont majoritairement issus des classes moyennes et supérieures, comme pour nos concurrents, mais nous anticipons progressivement l’élargissement du marché aux moins fortunés. Géographiquement, la bande côtière reste surreprésentée, de Guangzhou à Beijing en passant par Shanghai et Tianjin (NDLR Villes de premier rang), mais nous commençons à avoir des clients dans le centre et l’ouest du pays.»

À plus long terme, VivaLing offrira non seulement les langues les plus demandées (VivaLing proposera bientôt l’apprentissage de l’allemand, du coréen et du japonais), mais aussi les moins demandées, contribuant à la sauvegarde du patrimoine linguistique de l’humanité et de l’héritage linguistique des familles.

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