10 idées reçues sur le bilinguisme et l’enseignement bilingue

Les clichés à propos de l’enseignement bilingue et du bilinguisme restent encore nombreux. Cet argumentaire déconstruit les 10 idées reçues les plus répandues. 

bilinguisme

1. Le monolinguisme est la norme et le bilinguisme une exception.

C’est faux. On estime que plus de la moitié des habitants de la planète est bilingue, et que 40 % parlent plus d’une langue quotidiennement. Le bilinguisme est une pratique qui existe dans le monde entier, sur tous les continents et dans la plupart des pays du monde. Il y a différentes manières d’être ou de devenir bilingue : situation familiale plurilingue, contexte de vie frontalier, scolarisation en langue étrangère, mobilité professionnelle à l’étranger, etc.

2. Être bilingue, c’est maîtriser parfaitement deux langues et deux cultures.

La maîtrise des deux langues est rarement parfaite et équilibrée. On estime que seuls 20 % des bilingues sont aussi à l’aise dans une langue que dans l’autre. Être bilingue, c’est avant tout pouvoir communiquer aisément en deux langues, et pouvoir passer d’une langue à l’autre en fonction de la situation et des activités menées : les bilingues acquièrent et se servent de leurs langues dans des contextes différents et variés, pour des objectifs distincts. De plus, on peut parler une langue sans pour autant connaître et maîtriser l’ensemble des valeurs et des pratiques culturelles qui lui sont associées : un bilingue n’est pas forcément biculturel.

bilingue

3. On ne sera jamais bilingue si on apprend trop tard une seconde langue.

Il n’y a aucune limite d’âge pour commencer à apprendre une autre langue. La qualité de l’exposition à la langue et de son enseignement ainsi que la motivation sont essentiels à la réussite de l’apprentissage. Si un adulte peut apprendre plus vite qu’un enfant, il aura en revanche plus de mal à perdre son accent.

4. Avant d’apprendre une autre langue, il faut déjà en maîtriser parfaitement une.

Maîtriser parfaitement une langue est un leurre, on continue à l’apprendre toute sa vie. Néanmoins, il est profitable de pouvoir s’appuyer sur des acquis dans une première langue pour développer des compétences dans une autre langue. De la même manière, les apprentissages réalisés dans l’autre langue enrichissent la connaissance et la maîtrise de la première langue.

5. Un enfant qui suit un apprentissage bilingue doit avoir au moins un parent bilingue.

L’enseignement bilingue s’adresse à tous les enfants. C’est un dispositif pédagogique et non une école réservée aux enfants de famille bilingue. La réussite scolaire des enfants inscrits dans des dispositifs bilingues ne dépend donc pas des compétences linguistiques de leurs parents. Toutefois, la possibilité de bénéficier d’une exposition à la langue en dehors de l’école permet d’enrichir et de consolider son apprentissage.

enfant bilingue

6. Il faut être un bon élève pour suivre un enseignement bilingue.

Si certains établissements scolaires bilingues choisissent de sélectionner uniquement les meilleurs élèves, l’enseignement bilingue s’adresse quant à lui à tous les enfants, sans distinction. Tous les élèves trouvent une valeur ajoutée dans l’enseignement bilingue, indépendamment des niveaux d’apprentissage. Le passage par une autre langue d’enseignement peut même parfois aider à lever des difficultés scolaires et à mieux apprendre.

7. Il faut éviter d’utiliser différentes langues dans la classe.

Au contraire, le bilingue développe ses langues en complémentarité : l’enseignant peut donc s’appuyer sur ce constat pour développer des stratégies d’enseignement adaptées, tenant compte du niveau linguistique des élèves. Alterner les langues d’une activité à une autre, croiser les points de vue en comparant des concepts et des documents en langue originale permet d’encourager la réflexion, la mémorisation ou encore le travail de conceptualisation.

8. On ne peut pas bien apprendre une discipline en langue étrangère (histoire, mathématiques, sciences, etc.) sans parfaitement maîtriser cette langue.

Faux, tout dépend des stratégies adoptées par l’enseignant, qui doivent tenir compte du niveau linguistique des élèves. Avec des débutants par exemple, il est courant et efficace de recourir ponctuellement et de manière raisonnée à la langue maternelle des élèves. En outre, apprendre une discipline en langue étrangère permet aux élèves de pratiquer davantage et différemment cette langue, et de l’enrichir.

bilingue

9. Scolariser un enfant en deux langues augmente les risques de difficultés dans son apprentissage.

Les enfants bilingues n’ont pas plus de difficultés d’apprentissage que les enfants monolingues. La seule situation qui peut conduire un enfant bilingue à présenter des troubles de l’apprentissage est celle où il ne maîtrise suffisamment aucune des langues lors de son entrée à l’école.

10. Les bénéfices d’un apprentissage bilingue sont uniquement linguistiques.

L’enseignement bilingue permet d’approfondir la connaissance des langues et des cultures qui leur sont associées, ce qui invite à penser et à appréhender le monde différemment. Il motive par ailleurs les élèves en favorisant une pratique linguistique authentique et dynamique dans le cadre de différentes disciplines scolaires. En rapprochant langues et savoirs, on encourage les élèves à faire preuve de souplesse mentale, ce qui se traduit par une meilleure capacité à résoudre des problèmes dans des situations variées, et à une plus grande autonomie.

 

Source: Centre International d’Etudes Pédagogiques – www.ciep.fr

 

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