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Grandir en parlant deux langues ou plus

Le témoignage des professionnels VivaLing

Prendre des cours de langues chez VivaLing, c’est aller bien au-delà de la question linguistique. C’est une rencontre avec un ambassadeur de sa culture, un professeur passionné par sa langue, mais aussi par toutes les composantes culturelles de son pays d’origine.

C’est une véritable expérience interculturelle qui se produit au travers des discussions aussi diverses que captivantes. Gastronomie, hobbies, proverbes, souvenirs d’enfance, nos jeunes et moins jeunes apprenants découvrent bien plus que la grammaire et l’orthographe durant leurs sessions !

Quand il s’agit de multiculturalisme et d’exposition aux langues, de nombreux membres de l’équipe VivaLing peuvent témoigner de ses bénéfices au niveau personnel. Au travers leurs expatriations et souvent mêmes situations familiales, les professionnels VivaLing expérimentent l’immersion plurilinguistique au quotidien.

Sept d’entre eux ont accepté de témoigner de leurs expériences, avec leurs enfants de 1 à plus de 25 ans. Nous leur avons demandé à quoi ressemble la vie quotidienne avec une famille multilingue et multiculturelle et les réponses sont très motivantes ! Explications.

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La pédagogie immersive VivaLing directement appliquée à la maison

Nos professeurs, convaincus par la méthode qu’ils enseignent, appliquent sa pédagogie directement à la maison. En faisant le choix d’assumer la multiculturalité de leur foyer, ils exposent leurs enfants à deux langues au minimum et en tirent de nombreux avantages.

La méthode One Person One Language (OPOL) – une personne une langue – introduite par le français Maurice Grammont au début du 20ème siècle consiste à pratiquer le bilinguisme ou plurilinguisme à la maison avec les enfants. C’est le choix pour lequel ont opté Mathilde, Abbie, Lisa, Tom, Fiona, Carmen et Anja, tous membres de l’équipe pédagogique VivaLing.

La méthode OPOL implique une immersion totale de leurs enfants dans leurs langues natives. Avec très souvent une langue de communication commune quand il s’agit de discussions de famille. Ainsi, tous ces enfants évoluant dans un milieu multiculturel reçoivent toutes les chances d’apprendre la langue de leur parent équitablement.

Une stimulation permanente et positive

Alexis est un jeune athénien de deux ans. Il vit dans un environnement franco-grec, le grec est la langue commune utilisée à la maison. Sa maman, Mathilde, est chargée de son exposition au français et elle observe tous les jours les bénéfices de son multilinguisme dans son développement personnel.

Quand je lui lis un livre en français et qu’il apprend un nouveau mot, je lui demande s’il le connaît en grec et il me traduit. Il est toujours ravi d’apprendre un nouveau mot dans les deux langues.

La dissociation est naturelle et plus encore, la notion de “traduction” arrive à un très jeune âge. Layla, 5 ans, trilingue français, grec et anglais, sert régulièrement de traductrice pour sa maman, Lisa, en Crète, leur île de résidence.

Non seulement elle traduit les mots que je ne comprends pas encore, mais me reprend sur ma prononciation régulièrement, avec ce sens déjà inné de l’accentuation, des syllabes, alors qu’elle ne sait pas encore lire ni écrire.

Quand on aime, on ne compte pas !

Au-delà de la méthode pratiquée à la maison, les enfants de professeurs VivaLing sont exposés à d’autres langues au quotidien. Kiki, 3 ans, évolue dans une garderie multiculturelle de Floride, aux USA, où elle s’est choisie une meilleure amie dont la langue native est l’hébreu. En plus de ses propres compétences linguistiques en anglais américain et yoruba (langue nigériane) qu’elle cultive à la maison, elle rapporte également des nouveaux mots à ses parents à la maison.

Au début on ne comprenait pas ce que disait Kiki, et c’est à l’occasion d’une réunion avec sa meilleure amie où la maman était présente que l’on a eu l’explication. Kiki avait appris de son amie des mots en hébreu.

Les possibilités sont illimitées et le cerveau des jeunes enfants est extensible à l’infini. Dahlia, 8 ans, navigue entre Grande-Bretagne et Pérou, ses deux territoires d’origine où elle évolue dans des milieux scolaires multiculturels. Récemment, après un long séjour en Angleterre, Carmen confie que Dahlia a franchi un pas supplémentaire dans la compréhension de la diversité culturelle.

On rentrait de l’école et Dahlia m’a fait remarquer qu’en fonction de leur nationalité, ici ou au Pérou, ses amis appellent les chips Crisps, mais aussi Chips ou Fries. Pour elle, pas besoin d’explications de texte, elle a très bien compris qu’il s’agit du même aliment et qu’en fonction d’à qui elle s’adresse il faudra utiliser un ou l’autre mot de vocabulaire pour se faire comprendre.

Un jeu d’enfant

A partir de deux langues, apprendre devient un jeu d’enfant. Particulièrement pour les enfants de moins de 4 ans, explique Anja, qui élève ses trois enfants de 9, 12 et 15 ans en anglais et allemand. Elle l’a constaté dans leur cursus scolaire où leurs enfants se sont souvent trouvés particulièrement sollicités.

Les familles des camarades de classe de mes enfants à l’école en Allemagne les poussaient très souvent à devenir amis avec les miens, attirés par les bénéfices que leurs enfants pourraient tirer de leur multilinguisme, se souvient-elle.

Layla, 5 ans, en est à sa quatrième langue, l’espagnol. Qu’elle apprend avec une aisance déconcertante avec sa professeure VivaLing, Mary, et un très léger accent grec, sa troisième langue. Née bilingue franco-anglaise, la fille unique de Lisa évolue dans le système scolaire crétois depuis ses 15 mois où elle a rattrapé le niveau de ses camarades de garderie en moins de 6 mois.

Depuis, son intérêt pour les langues ne fait que croître et en plus de son apprentissage de l’espagnol, elle se montre curieuse d’apprendre toute nouvelle langue qui se présente à elle – le dialecte crétois, l’ukrainien pour faciliter l’intégration de ses deux jeunes camarades fraîchement arrivés en classe, l’arabe, langue de son prochain voyage en Egypte…

Même langue, différents accents

Parfois la diversité et le multiculturalisme se jouent grâce à l’exposition à une même langue avec différents accents. Abbie remarque que Kiki est exposée à une multitude d’accents en anglais : son accent américain, l’accent anglais de son Papa nigérian élevé en anglais britannique dans son pays natal, l’accent espagnol de ses assistantes maternelles à la garderie.

Si elle ne verbalise pas encore les différences, c’est surtout une question de communication plus que de langue pour Kiki, selon Abbie. Elle navigue entre ces différents accents sans difficultés et en joue même. Par exemple, l’autre jour, je me moquais de son père qui lui proposait une “V[ɪ]tamin Water” avec son accent anglais et je l’ai repris en lui disant que c’était une V[y]tamin Water à l’américaine. Elle a souri spontanément, car pour elle, la blague était évidente.

Des enfants tolérants, ouverts d’esprit, flexibles

Layla évolue dans un contexte culturel à trois facettes. La Crète, cette île méditerranéenne très orientale, la France, le pays de naissance de sa mère et le nord de l’Angleterre, pays de son père.

Depuis toute petite, je lui explique les subtilités culturelles et elle les assimile parfaitement. Elle sait par exemple en Angleterre qu’on ne mange pas de dessert si l’on a pas fini le plat principal, qu’on ne sort pas de table sans demander l’autorisation. En Crète, les mœurs à table sont beaucoup plus libérales et elle évolue avec aise dans ce contexte plus détendu.

Dahlia change d’école régulièrement depuis sa naissance ; passée par l’Espagne, puis ayant vécu un long séjour au Pérou, elle est désormais temporairement en Angleterre. Elle s’adapte aux nouveaux systèmes scolaires à chaque fois, sans grande difficulté. Se fait des amis à la sauce locale, rapporte Carmen.

Anja a pris le parti d’adopter le meilleur de leurs deux cultures avec ses trois enfants. Et ils aiment cette particularité familiale. Par exemple, à Noël, on ouvre les cadeaux selon la tradition germanique, la veille et le jour de Noël on mange une dinde avec du gravy (sauce anglaise) selon la tradition britannique.

Que se passe-t-il quand ils deviennent adultes ?

Tom a deux “grands” garçons, Thomas et Max. Chacun élevé dans un environnement anglo portugais, et ayant séjourné dans différents pays. Leur parcours est très différent, c’est ce que constate Tom. Max a facilement appris deux langues supplémentaires, alors que Thomas n’a jamais ressenti le besoin d’en apprendre une autre.

Naître ou grandir bilingue ne veut heureusement pas dire être conditionné pour devenir un linguiste. Max a choisi la géologie à l’université, Thomas a choisi l’histoire, et même si temporairement ils enseignent l’anglais (c’est dans les gênes !), ils souhaitent revenir prochainement à leur formation initiale, leur cœur de métier.

C’est une ouverture d’esprit, un parcours d’apprentissage qui ajoute à l’enfance un brin de poésie supplémentaire, parmi toutes les expériences vécues. Fiona abonde :

Uma, ma plus âgée, 15 ans, veut devenir avocate pénale, elle nourrit une passion pour les mots et a récemment gagné un prix à l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse pour son poème dans la catégorie des moins de 25 ans. Nos enfants ont un don pour les mots !

Bilinguisme pour tous !

Les témoignages sont unanimes. Les professionnels VivaLing interrogés le constatent au quotidien. A travers le parcours de leurs propres enfants, mais également lors des sessions de leurs élèves. Être exposé à plus d’une langue et culture est un atout indéniable.

A l’image de la Finlande, qui impose un cursus scolaire bilingue dès la petite enfance, le bilinguisme se doit de devenir un outil éducatif comme les autres, face à monde qui évolue jour après jour. C’est la mission de VivaLing depuis sa création, offrant un parcours linguistique et culturel à tous ses apprenants, grâce à la diversité de professeurs proposés pour chaque langue.

De nos jours, ne parler qu’une langue restreint un adulte en termes de valeurs culturelles partagées lors des voyages, ou d’atouts professionnels, confie Tom.

Je donne à Layla l’éducation que j’aurais aimée recevoir en tant qu’enfant : explorer la nature et la culture, à travers les langues, la randonnée, l’escalade, la nage, les fêtes traditionnelles, le jardinage, etc. Le plurilinguisme joue un rôle majeur dans son développement, explique Lisa.

Pour un monde meilleur

Au-delà des atouts cognitifs indéniables développés à travers l’apprentissage des langues, les enfants confrontés à plus d’une culture développent aussi des qualités faisant d’eux de véritables citoyens du monde.

Un enfant qui apprend plusieurs langues, plusieurs cultures, a une empathie plus grande. Les actions, réactions, jugements de ma fille, sont enrichis par son exposition multiculturelle et elle peut déjà percevoir, à 3 ans, que le monde est fait d’une grande variété d’humains, témoigne Abbie.

La fille de Carmen, Dahlia, a développé avec le temps une grande tolérance aux accents, aux spécificités culturelles, du fait de son intégration dans une communauté très diverse. Pour le moment, elle a un léger accent latino en anglais, un léger accent britannique en espagnol, mais ça ne me surprendrait pas qu’elle devienne une adulte à l’accent transatlantique, capable de s’intégrer dans n’importe quel milieu.

De futurs adultes déjà particulièrement conscients que vivre le monde d’aujourd’hui est une expérience diverse et tout en nuance ; empreinte de tolérance et d’empathie, portant l’espoir d’une génération à venir solidaire et inclusive.

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