smile-1956796_1280

Une nouvelle étude explique les bénéfices du bilinguisme chez les enfants

Alors que certains parents s’inquiètent parfois du risque que ferait peser le bilinguisme sur leurs enfants, notamment en matière de retard linguistique ou d’échec scolaire, la recherche permet aujourd’hui de lever toutes les craintes. Les études démontrent les unes après les autres que, non seulement le bilinguisme procure des gains matériels et économiques évidents (meilleures opportunités professionnelles, salaires plus élevés…) mais qu’il apporte également de nombreux avantages d’un point de vue du développement cérébral.

Une récente étude menée par l’Université de Washington (Institut d’apprentissage et des sciences du cerveau) démontre que le cerveau du nourrisson est totalement capable d’apprendre deux langues simultanément et que le bilinguisme est porteur de nombreux avantages cognitifs.

VivaLing vous en livre les principales conclusions.

the effects of bilingualism

1- L’apprentissage des langues dans la première année de vie

Jusqu’à l’âge de 6 mois environ, les nourrissons sont capables d’entendre les différences entre les consonnes et les voyelles qui composent universellement les mots dans toutes les langues. À l’âge de 12 mois, la discrimination des sons de la langue maternelle du nourrisson s’améliore significativement, alors que la discrimination des sons non indigènes diminue (Kuhl et al., 2006). Ainsi, cela signifie qu’à l’âge de 12 mois, les nourrissons perdent leur capacité d’auditeur universel et se spécialisent dans leur(s) langue(s) maternelle(s).

Par ailleurs, la recherche montre que le cerveau du nourrisson est totalement capable d’apprendre deux langues simultanément. Cependant, la qualité et la quantité de la langue qu’ils entendent jouent un rôle clé dans ce processus d’apprentissage. Une étude montre que les nourrissons exposés à une nouvelle langue à l’âge de 9 mois à l’occasion de séances de jeu interactives avec un professeur apprennent en seulement 6 heures à discriminer les sons des langues étrangères à des niveaux équivalents aux enfants exposés à cette langue dès leur naissance. Toutefois, aucun apprentissage ne se produit si le même enseignement est présenté via des cassettes audio ou vidéo (Kuhl, Tsao, & Liu, 2003). Ainsi, l‘apprentissage précoce des langues dépend fortement des interactions sociales et de la qualité de la parole que les enfants entendent.

Que ce soit chez les enfants monolingues ou bilingues, le niveau de maitrise d’une langue reflète la qualité et la quantité de langue que les enfants entendent. Les jeunes enfants apprennent mieux grâce à des interactions sociales fréquentes et grâce à la qualité des conversations avec des locuteurs natifs.

 

the benefits of bilingualism

2- Vocabulaire et développement grammatical

 

Les jeunes enfants exposés à deux langues dès la naissance commencent généralement à produire leurs premières syllabes et leurs premiers mots au même âge que les enfants exposés à une seule langue. En outre, l’évolution du vocabulaire et de la croissance grammaticale ressemble beaucoup à la trajectoire suivie par les enfants monolingues. Les types de mots que les enfants apprennent et la relation entre le vocabulaire et la croissance grammaticale dans chaque langue reproduisent le modèle monolingue.

Néanmoins, l’effet de l’expérience bilingue sur la production et la compréhension de la langue se manifeste souvent par un décalage dans le vocabulaire et l’acquisition grammaticale. Bien que certaines études aient montré que les enfants bilingues respectent les normes monolingues, plusieurs études rapportent que les bilingues disposent d’un vocabulaire plus restreint dans chaque langue que les monolingues (Hoff et al., 2012). Étant donné que les recherches montrent que les compétences linguistiques des enfants reflètent la quantité de langue qu’ils entendent, ces résultats ne sont pas surprenants. Les bilingues divisent leur temps entre deux langues, et ainsi, en moyenne, entendent moins de chaque langue. Cependant, il est important de noter que les enfants bilingues ne sont pas en retard par rapport à leurs pairs monolingues lorsque l’on prend en compte les deux langues. Par exemple, les tailles de vocabulaire bilingues, lorsqu’elles sont combinées dans les deux langues, sont égales ou supérieures à celles des enfants monolingues. Des constatations similaires sont rapportées sur les mesures des connaissances grammaticales.

 

3-Apprendre à lire

La lecture est un processus complexe acquis par une formation explicite, généralement après que l’enfant ait appris à parler en phrases complètes. Des études portant sur des enfants monolingues démontrent le rôle essentiel du langage oral dans la lecture et la réussite scolaire. Des milliers d’enfants américains se retrouvent dans des situations où ils doivent acquérir les bases de la lecture dans une langue qu’ils ne parlent pas ou où leurs connaissances linguistiques sont extrêmement pauvres. Cependant, la recherche démontre que l’exposition à deux langues augmente la conscience phonologique, qui est la capacité de reconnaître et de manipuler les unités sonores de la langue et qui est l’un des meilleurs prédicteurs de la capacité de lecture.

the benefits of bilingualism

4-Les avantages cognitifs du bilinguisme

Contrairement à ce que l’on pensait autrefois, le bilinguisme ne cause aucune confusion. La recherche montre même que l’exposition simultanée à deux langues engendre plusieurs avantages cognitifs. Une partie de la préoccupation concernant la confusion provient de ce qu’on appelle «mélange de code» ou «changement de code» (« code switching » en anglais).

Les enfants bilingues combinent parfois des mots ou des expressions des deux langues lorsqu’ils interagissent avec leurs pairs, leurs parents  ou leurs enseignants. Il est important de comprendre que le changement de code est naturel pour les adultes et les enfants bilingues et reflète le fait que les bilingues connaissent souvent certains mots mieux dans une langue que dans l’autre. Le changement de code chez les adultes et les enfants bilingues est régi par des règles et non pas au hasard, et les enfants bilingues suivent les mêmes principes que les adultes bilingues (Paradis, Nicoladis et Genesee, 2000).

Plutôt que de provoquer de la confusion, on comprend maintenant que le besoin constant de gérer l’attention entre deux langues favorise la pensée des enfants sur le langage en soi et conduit à une augmentation des compétences métacognitives et métalinguistiques (Bialystok, 2007). Les enfants bilingues dès l’âge de 7 et 12 mois se sont révélés être des apprenants plus flexibles comparés aux enfants monolingues (Kovacs & Mehler, 2009).

De plus en plus de preuves suggèrent que les bilingues présentent de meilleures performance en matière de fonctions exécutives (Bialystok, Craik et Luk, 2012) notamment en ce qui concerne l’attention, la flexibilité de la pensée (flexibilité cognitive) et la mise à jour des informations dans la mémoire de travail. Le bilinguisme exige une attention constante à la langue cible. L’expérience des bilingues avec deux langues améliore les réseaux cérébraux pertinents, ce qui les rend plus robustes pour le fonctionnement exécutif tout au long de leur vie. Il est intéressant de noter que l’effet cumulatif des deux langues se traduit également par des effets protecteurs contre le déclin cognitif avec le vieillissement et l’apparition de la maladie d’Alzheimer (Craik, Bialystok et Freedman, 2010). De récentes études cérébrales indiquent que les différences en matière de fonctions exécutives entre les monolingues et les bilingues se vérifient dès la petite enfance (Ferjan Ramírez et al., 2016) et persistent tout au long de la scolarité (Arredondo et al., 2016) et à l’âge adulte (Abutalebi et al Stocco et Prat, 2014).

 

 

the benefits of bilingualism

Conclusion

De plus en plus de recherches indiquent que le bilinguisme modifie non seulement les modes d’acquisition et d’utilisation du langage, mais aussi les processus cognitifs dès le plus jeune âge. Les enfants bilingues présentent des performances égales ou meilleures  que les monolingues lorsque les deux langues sont prises en compte. Les études suggèrent que l’apprentissage optimal est obtenu lorsque les enfants commencent à apprendre deux langues à un âge précoce (c’est-à-dire entre la naissance et l’âge de 3 ans) grâce à des interactions de qualité avec des êtres vivants et que l’exposition aux deux langues est maintenue tout au long de l’enfance. On constate que les environnements les plus propices à l’apprentissage bilingue sont ceux où les parents considèrent le bilinguisme comme un atout qui apporte des avantages cognitifs, sociaux et économiques importants et qui utilisent quotidiennement un langage de qualité pour communiquer avec leurs enfants.

 

Source: http://ilabs.uw.edu/Bilingual_Language_Learning_in_Children.pdf

 

Caleb VivaLing

Les conseils de M. Sun pour élever un enfant trilingue

Jia Le (Caleb), 10 ans, vit dans la province du Zhejiang en Chine. Depuis 2015, il prend des cours de langues avec VivaLing. Aujourd’hui, Caleb parle trois langues: l’anglais, le français et le mandarin. Vous vous demandez à quel point il est bon en langues? Regardez donc son interprétation de la chanson Christmas Tree.

 

 

Selon son père, le nom de Caleb provient de la Bible et signifie courage, confiance et loyauté.

Comme tous les enfants de son âge, Caleb a de nombreux passe-temps: basket-ball, jogging, échecs, dessin et piano. C’est aussi un grand fan de Lego, qu’il utilise pour réaliser différents «projets» comme des robots-chiens ou des camions d’extraction. Caleb est également très doué pour la programmation informatique Python et sait faire ses propres sites Web!

Caleb VivaLing

La “trilogie” de M. Sun pour élever un enfant trilingue

Le père de Caleb, M. Sun, est non seulement médecin professionnel, mais également éducateur averti. Selon M. Sun, la première étape pour élever un enfant est de construire une relation solide avec lui. «Beaucoup de parents sont trop occupés aujourd’hui pour s’investir véritablement auprès de leurs enfants et de leur famille. Mon conseil est de passer le maximum de temps avec ses enfants, de les féliciter pour leurs efforts et leurs réussites, et leur faire sentir le véritable amour parental.”

La deuxième étape consiste à cultiver les qualités humaines de son enfant. M. Sun croit que l’amour, la joie, la patience, la bonté, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi sont plus importants que de bonnes notes à l’école. Caleb suit sa scolarité à la maison. Il lit quotidiennement de la littérature anglaise et communique souvent avec ses amis aux États-Unis – c’est aussi l’un des secrets de sa performance exceptionnelle!

Enfin, M. Sun insiste sur le respect de l’indépendance de chaque enfant. Tout comme VivaLing, M. Sun croit qu’un enfant apprend d’autant mieux qu’il le fait en suivant ses propres centres d’intérêts et sa curiosité naturelle.

Caleb VivaLing

L’apprentissage de Caleb avec VivaLing

«L’anglais est une langue utile, qui me permet d’accéder à de nombreuses connaissances. Quant au français, c’est une magnifique fenêtre sur le monde et la langue du romantisme,” explique Caleb.

Aujourd’hui, Caleb est capable de communiquer avec sa coach de français Daniella : ils adorent  jouer ensemble à des jeux en ligne pour enrichir son vocabulaire. Selon M. Sun, “coach Daniella réussit à créer une relation de très grande qualité avec ses élèves. Caleb l’adore! Il est toujours demandeur de nouvelles leçons avec elle. “

Caleb VivaLing

 

Que veux-tu pour Noël?

Pour Noël, Caleb a fait un souhait qui nous a surpris, “Je veux que le Père Noël donne à chaque enfant un cadeau et le rende heureux!”

Et … Caleb veut aussi visiter la ville de Bethléem en Israël, où Jésus est né. Souhaitons que son rêve se réalise ainsi qu’une très bonne et très heureuse année 2017!

ipad-1721500_1920

Les écrans: nouvelle incarnation du diable dans les foyers?

“Mes enfants n’utilisent pas d’Ipad. Je limite la quantité de technologie que mes enfants utilisent à la maison», tels furent les propos de Steve Jobs, il y a quelques années, concernant l’utilisation de l’Ipad par ses propres enfants.

Curieux, n’est-ce pas? Le fondateur du mac et de l’Ipad, les appareils intelligents les plus populaires au monde, s’inquiétait de l’effet de ses propres produits sur ses enfants. Mais Jobs n’est pas le seul. On constate en effet une tendance chez certaines personnes du monde de la technologie et de l’informatique aux Etats-Unis à interdire à leurs enfants d’utiliser les nouvelles technologies.

D’un côté, certaines familles et établissements scolaires, faisant écho aux préoccupations concernant l’accès à du contenu inapproprié, aux risques de dépendance et aux impacts sur la santé,  ont décidé d’interdire les nouvelles technologies à leurs enfants et élèves. De l’autre, nombreux sont les parents et les autorités éducatives qui reconnaissent que les tablettes et les ordinateurs peuvent être des outils intéressants et très enrichissants. Les applications éducatives, en particulier, apportent bien plus de bénéfices aux enfants que de regarder la télévision. Alors, qui a raison?

 

learning with an ipad

 

Apprendre sur Ipad ou ordinateur: est-ce mauvais pour les enfants?

L’appareil électronique est-il vraiment le «mal» à la maison? Y at-il un moyen d’en faire un bon usage? C’est pour répondre à ces interrogations et à ces angoisses que l’Académie américaine de pédiatrie (AAP – American Academy of Pediatrics) a émis en octobre 2016 son avis et ses recommandations pour l’utilisation des écrans par les enfants:

Pour les enfants de moins de 18 mois, évitez d’utiliser des écrans autres que pour des séances de vidéoconférence (type skype) avec de véritables personnes qui parlent et interagissent avec l’enfant.

– Les parents d’enfants âgés de 18 à 24 mois qui veulent introduire des médias numériques doivent choisir des émissions de haute qualité et les regarder avec leurs enfants pour les aider à comprendre ce qu’ils voient.

Pour les enfants âgés de 2 à 5 ans, limitez l’utilisation de l’écran à 1 heure par jour de programmes de haute qualité. Les parents doivent regarder les contenus digitaux avec leurs enfants pour les aider à comprendre ce qu’ils voient et l’appliquer au monde qui les entoure.

Pour les enfants âgés de 6 ans et plus, il est recommande de:

* fixez des limites constantes sur le temps passé à utiliser les médias et les types de médias, et assurez-vous que les médias                                              ne remplacent pas le sommeil, l’activité physique et les autres comportements essentiels à la santé.

* définir des moments sans média, tels que le dîner ou les trajets, ainsi que des lieux sans média à la maison, comme les chambres.

L’AAP invite également les parents à avoir une communication continue sur la citoyenneté en ligne et la sécurité, y compris le respect des autres en ligne et hors ligne.

Outre ces recommandations, l’AAP reconnait la valeur éducative des interactions directes que l’on peut avoir par le biais de conversations vidéo, des interactions qu’elle juge «critiques pour le développement du langage». L’autorité met également en évidence les avantages des nouvelles technologies pour rattraper le retard scolaire.

 

the evil device

Les conseils de VivaLing pour une utilisation raisonnée des écrans

 

Outre les déclarations de politiques de l’APP, VivaLing apportent ses conseils aux parents pour que leurs enfants fasse le meilleur usage possible des appareils électroniques:

1- Évitez les expositions excessives aux appareils électroniques

«Tous les parents sont d’accord pour dire que manger du chocolat est bon, mais manger trop de chocolat est généralement mauvais, et manger du chocolat excessivement sucré tout en ne faisant jamais d’exercice est encore pire», explique Bernard Golstein, co-fondateur et PDG de VivaLing. «Il en va de même pour les appareils électroniques: ils doivent être utilisés de manière raisonnable et être vecteur d’un contenu de haute qualité, de manière très interactive, sans jamais remplacer les activités artistiques, physiques, intellectuelles de la vraie vie.

2- Sélectionner les applications éducatives

Le Dr David Hill, président de l’AAP, insiste sur un point: toutes les applications ou les outils en ligne étiquetés «éducatifs» ne sont pas forcément adaptés pour les enfants. Il faut donc rester vigilant et ne pas hésiter à tester le contenu d’une application avant de laisser son enfant s’en servir.

 

 

babies and electronic devices

 

VivaLing conseille aux parents de vérifier chaque matériel en ligne pour leurs enfants, ou simplement de choisir un partenaire éducatif de confiance pour accompagner l’enfant dans ses apprentissages en ligne. L’outil idéal doit être capable de fournir des contenus inspirants et enrichissants pour les enfants, et de proposer une grande une variété d’activités interactives telles que des jeux, des chants et du dialogue. Plus important encore, un bon outil éducatif digital doit être en mesure de répondre aux besoins uniques de chaque enfant, à ses intérêts et à ses préférences, afin de personnaliser l’environnement pédagogique et ainsi d’obtenir de meilleurs résultats.

 

vive la rentree

6 Astuces pour une rentrée réussie !

vive la rentree

 

Ça y est, c’est la fin des vacances et avec elles une certaine forme d’insouciance et de légèreté. La rentrée est pour beaucoup synonyme de stress et d’appréhension.  Pour les enfants, il faut se refaire de nouveaux amis, rencontrer de nouveaux professeurs et, pour les parents, installer une nouvelle routine avec une myriade d’activités et une multitude de contraintes à gérer. VivaLing vous aide à aborder cette période de l’année avec confiance et sérénité en vous livrant 6 conseils.

 

  • Favorisez le sommeil.

Pendant l’été, les enfants n’ont pas d’horaire de coucher fixe, ce qui est compréhensible. Mais le sommeil est essentiel pour une année scolaire sereine et productive. Aidez vos enfants à se remettre sur la bonne voie en les mettant au lit et en les réveillant plus tôt au moins une semaine avant la reprise des cours.

  • Rencontrez les enseignants de vos enfants.

Vous aurez certainement l’occasion d’assister à des journées portes ouvertes et à de multiples réunions de présentation au début de l’année scolaire, mais aucune ne vous donnera la chance de passer du temps de qualité avec les enseignants de vos enfants. Essayez de trouver quelques minutes avant ou après l’école pour les rencontrer en tête-à-tête. À tout le moins, envoyez-leur un e-mail d’introduction afin de vous présenter et demander des conseils sur la meilleure façon d’aider votre enfant tout au long de l’année.

  • Faites des devoirs un moment privilégié.

Planifiez dans l’emploi du temps de votre enfant un créneau quotidien pour les devoirs. Définissez avec lui un endroit tranquille et confortable dans la maison où il pourra travailler (sa chambre, un bureau…) et équipez-le des fournitures nécessaires pour bien étudier (recharges de stylo, feuilles, cahiers…). Plus votre enfant disposera d’un moment et d’un endroit privilégié, plus il sera motivé pour faire bien travailler tout au long de l’année.

  • Planifiez un temps de lecture quotidien.

La lecture est un facteur clef de réussite scolaire : cela permet d’enrichir le vocabulaire de votre enfant, son aisance à l’oral comme à l’écrit. Cela développe son imagination, sa créativité et enrichit son univers intérieur. C’est aussi un moment de partage unique qui vous permet d’explorer de nouveaux mondes et de vivre de nouvelles aventures avec votre enfant. Essayez donc de consacrer chaque jour 20 minutes pour lire avec votre enfant. En grandissant, votre enfant conservera ce gout et ce plaisir de lire au quotidien.

  • Encouragez et motivez.

Chaque année scolaire qui commence est un nouveau défi à relever pour votre enfant. Quel que soit ses résultats passés, faites-lui part de votre soutien et de votre confiance pour cette nouvelle année. Encouragez-le à faire de son mieux, dédramatisez les échecs et rappelez-lui qu’il peut toujours vous solliciter en cas de besoin.

  • Sélectionnez les bonnes activités.

Chaque enfant a des goûts et des aptitudes différents. En ce début d’année, prenez le temps de vous asseoir avec votre enfant pour comprendre ce dont il a envie et besoin, et voir ce qui peut tenir raisonnablement dans son emploi du temps et dans le vôtre. Apprendre une nouvelle langue vivante fait partie des activités qui dotera votre enfant d’un formidable atout pour l’avenir, tant au niveau personnel que professionnel. VivaLing vous offre la possibilité de faire ce magnifique cadeau à votre enfant dans les meilleures conditions : des cours ludiques et interactifs, 100% personnalisés avec un professeur particulier qualifié et expérimenté, sans avoir à sortir de chez vous !

AEDI Synapses function of age

Pourquoi les enfants apprennent mieux : la science nous éclaire enfin

Le commun des mortels l’a observé et la science expérimentale l’a confirmé : les enfants sont plus aptes que les adultes à apprendre les langues étrangères et à atteindre un niveau élevé. Quelles en sont les raisons ? Toutes choses égales par ailleurs, ce sont la neurologie et la psychologie qui vont nous fournir la réponse.

Les explications neurologiques s’intéressent à l’état du cerveau et sa capacité à mener à bien une tâche donnée à un certain stade de son développement. Plusieurs pistes furent explorées dès les années 60. L’une portait sur la maturation du cerveau et suggérait que celui-ci était comme une tablette d’argile : une fois gravée avec la langue maternelle elle ne pouvait s’effacer, être réécrite ou complétée par une langue étrangère. Une autre explication se concentrait sur les interférences de la langue maternelle et affirmait qu’une fois celle-ci acquise, c’est le mécanisme d’apprentissage lui-même qui était complètement démantelé, afin de réaffecter les tissus neuronaux – ressource rare – à d’autres tâches. On sait aujourd’hui que ces explications extrêmes sont pour certaines fausses et pour d’autres incomplètes et simplistes.

En revanche, on en sait beaucoup plus sur d’autres phénomènes liés à l’âge et affectant la capacité à apprendre une langue étrangère. Le premier d’entre eux est la diminution de plasticité cérébrale avec le temps. La neuro-plasticité, ou plasticité cérébrale, ou encore plasticité du cerveau, désigne le changement des circuits neuronaux sous l’effet de l’environnement ou de l’expérience. A chaque nouvel apprentissage (que ce soit un savoir ou une aptitude), de nouveaux câblages cérébraux se créent de sorte à permettre la transmission de l’information et son traitement. A l’inverse les connexions inutilisées sont détruites pour optimiser le fonctionnement et la performance du cerveau. A la naissance, chaque neurone (et on en compte quelque 100 milliards) possède 2500 synapses permettant les connexions neuronales. A l’âge de 2-3 ans, ce nombre de synapses par neurone a augmenté à 15000, soit … le double de la quantité à l’âge adulte. En effet par élagage neuronal, la densité synaptique décroit progressivement à partir du milieu de l’enfance et de l’adolescence à un rythme propre à chaque partie du cerveau. De plus, la myélinisation (« gainage » des axones) renforce encore l’efficacité des transmissions neuronales retenues, au détriment de flexibilité du cerveau à établir de nouveaux circuits neuronaux. La spécialisation des zones du cerveau à des fonctions spécifiques et très précises se poursuit. La neuro-plasticité diminue donc inexorablement avec la maturation du cerveau. Les processus comme l’apprentissage des langues connaissent une fenêtre d’opportunité privilégiée qui succède aux fonctions sensorielles de base et précède les fonctions cognitives supérieures.

Hensch - Brain plasticity

Sur la base de la plasticité cérébrale, l’apprentissage connait des périodes sensibles successives concernant : les sens à la petite enfance, les langues et les fonctions motrices à l’enfance, et plus tard les fonctions cognitives supérieures (mathématiques, pensée critique, etc…) (credit : adapté de Hensch, 2005, Nature Reviews Neuroscience)

 

David Birdsong, l’un des chercheurs actuels en pointe sur les effets de l’âge d’acquisition, en recense d’autres causes. D’abord, le déclin généralisé des capacités cognitives avec l’âge est un phénomène régulier qui n’épargne pas l’apprentissage des langues. Ensuite, les interférences de la langue maternelle augmentent probablement avec l’âge – qui marque la durée d’usage de cette langue. Enfin, selon les psych0-linguistes, avec l’âge disparaît l’accès à la Grammaire Universelle – cette capacité innée à apprendre le langage chère à Chomsky – ou tout autre mécanisme d’apprentissage spécifique aux langues.

Les causes socio-psychologiques liées à l’âge sont de nature complètement différente mais non moins significatives. Les enfants ne ressentent pas de gêne à la nouveauté, puisque tout est nouveau et que du même coup rien n’est vraiment anormal. Les sons même très différents de ceux de la langue maternelle ne sont pas effrayants pour autant. Les enfants les prononcent avec conviction là où les adultes pourraient hésiter à les appuyer avec la même énergie, tant ils sont « étranges ». De manière plus importante encore, l’enfant n’aura pas peur d’essayer même sans être complètement sûr, de se lancer, quitte à se tromper et à recommencer. Les autres enfants ne porteront d’ailleurs pas de regard critique, du moins pas dans les mêmes proportions. L’adulte, lui, pourra ressentir une certaine gêne, celle de faire des erreurs ou de ne pas être à la hauteur. Il pourra craindre que son statut social exprimé naturellement dans sa langue maternelle se trouve dégradé par une maitrise moins bonne de l’autre langue. Bref, la conscience sociale plus aigüe joue parfois contre l’apprentissage des langues par les adultes.

608-06158137

Indépendamment de la qualité des conditions d’apprentissage – dont nous reparlerons-, l’enfant aura donc plus de facilité à apprendre une langue étrangère que l’adulte, pour des raisons à la fois neurologiques et socio-psychologiques. Voilà pourquoi il faut profiter de la période sensible de l’enfance, si favorable.

Portrait of smart schoolgirls and schoolboys looking at the laptop in classroom

Peut-on oublier une langue apprise dans sa petite enfance ?

 

Portrait of smart schoolgirls and schoolboys looking at the laptop in classroom

Qu’en restera-t-il ? C’est la question récurrente – et un peu angoissée –  que se posent les parents au sujet des langues apprises par leurs rejetons dans l’enfance ou la petite enfance, en particulier lorsqu’elles ne sont pas pratiquées par la suite. Nous y avions déjà consacré un billet de blog que vous aviez été extrêmement nombreux à lire.

La conclusion, basée sur une étude de C. Pallier datant de 2003, semblait sans appel : une langue apprise dans la petite enfance peut être oubliée aussi vite qu’elle est apprise si elle n’est pas utilisée ou du moins conservée jusqu’au-delà de la puberté.

Et pourtant. L’interprétation fine des résultats de cette étude a été remise en cause par de nombreuses autres publications. Fin 2014, J. Pierce, de l’université McGill au Canada, démontrait pour la première fois que la représentation neuronale d’une langue acquise dans la petite enfance est solidement ancrée dans le cerveau, même si le sujet n’a aucun souvenir conscient de cette langue suite à une cessation totale d’exposition.

AsianKid-at-Computer-3

La démonstration faisait appel à des orphelins chinois adoptés vers l’âge de 13 mois par des familles françaises, et complètement coupes de leur langue d’origine. 12 ans plus tard, alors qu’ils n’avaient aucun souvenir conscient de leur langue, leur cerveau réagissait au système tonal de la langue chinoise exactement comme des locuteurs natifs chinois. En effet, à l’écoute de phonèmes prononcés avec des tons différents, leur cerveau faisait appel dans l’hémisphère gauche à ses centres du langage, alors qu’un groupe témoin de français sollicitait dans l’hémisphère droit les fonctions de traitement acoustique de signaux complexes non linguistiques.

Avoir un cerveau qui semble garder des traces de la langue de jadis alors que le sujet n’en a aucun souvenir conscient, cela sert-il à quoi que ce soit ?

Oui, comme l’avait écrit Leher Singh de la National University of Singapore des 2011. Elle aussi s’était intéressée à des orphelins, cette fois du sous-continent indien, adoptes dans leur toute petite enfance par des familles américaines et complétement coupés par la suite de leur langue d’origine. Les langues indiennes comportent des contrastes phonétiques sur les “t” et les “d” qui sont imperceptibles á l’oreille des américains. Bien des années après leur changement de continent, nos petits adoptés non plus ne semblaient percevoir ces contrastes. Du moins initialement. Car après un mois d’exposition, les petits adoptés avaient fait des progrès considérables dans la discrimination de ces sons, contrairement à un groupe témoin de jeunes américains.

kidfriendlycomputer_primary-100040894-large

Voici donc ce que la science nous enseigne à ce jour :

  • vers l’âge de un an, le cerveau du nourrisson perd à jamais la faculté de discriminer des sons (consonnes, voyelles, tons) absents de sa propre langue ou de son environnement linguistique. Pour percevoir des contrastes d’autres langues il doit y être expose pendant cette période critique phonétique autour de l’âge de un an.
  • la non-exposition à la langue d’origine, par la suite, ne signifie pas qu’elle sera entièrement oubliée. Il en restera des traces inconscientes, neurologiques, qui en faciliteront le réapprentissage de manière significative.

Des lors, il ne faut pas hésiter à exposer son enfant à une ou plusieurs langues cibles alors qu’il est encore nourrisson, même si ces langues ne sont destinées a être utilisées ou réapprises que plus tard. C’est un investissement qui ne peut être fait qu’a cette période critique de la vie. La quasi-totalité des parents l’ignore. Pas vous.

 

Pour en savoir plus :

 

Lara J. Pierce, Denise Klein, Jen-Kai Chenc, Audrey Delcenseried, and Fred Geneseea (2015). Mapping the unconscious maintenance of a lost first language. PNAS, february 2015, vol 112

Leher Singh, Jacqueline Liederman, Robyn Mierzejewski and Jonathan Barnes (2011). Rapid reacquisition of native phoneme contrasts after disuse: you do not always lose what you do not use. Journal of developmental science. 14:5 (2011), pp 949–959

Pallier C, et al. (2003). Brain imaging of language plasticity in adopted adults: Can a second language replace the first? Cereb Cortex 13(2):155–161.

VivaLing - Facteurs d'apprentissage

Trois facteurs déterminants pour l’apprentissage des langues par les enfants

Prenez un enfant à un stade donné de son développement. Toutes choses égales par ailleurs, l’efficacité de son apprentissage de langue étrangère sera déterminée par trois facteurs clés : la quantité d’activité langagière, la motivation, et l’interaction sociale.

Ce que nous résumons par activité langagière est en fait la réunion de plusieurs concepts différents et complémentaires qu’énonce parfaitement Shumei Zhang (2009). L’input est la quantité de langue cible à laquelle l’apprenant est expose et que son cerveau traite. L’input est indispensable, mais pas suffisant pris isolément. Le feedback, ou retour d’information (parfois appelé interaction), est nécessaire à l’apprenant pour la prise de conscience et la correction des erreurs. L’output, enfin, ou langue produite par l’apprenant, lui permet entre autres de tester ses hypothèses sur la langue cible et de développer l’automaticité de son discours. Notre cerveau étant un “super-ordinateur (…) doteé de puissants et rigoureux mécanismes d’inférence statistique“, comme le souligne Stanislas Dehaene (2013), professeur au Collège de France, l’input, le feedback et l’output seront d’autant plus efficaces qu’ils viendront en grande quantité et avec la qualité requise.

Il faut donc parler abondamment à l’enfant dans la langue cible, si possible régulièrement, et avec un bon niveau de langue (sans faute, de manière suffisamment claire pour qu’il comprenne et suffisamment sophistiquée pour que cela le fasse progresser). L’enfant doit être fortement incité à parler lui-même dans la langue cible, quitte à se lancer sans être sûr du résultat. Enfin il ne faut pas hésiter à le reprendre en cas d’erreur : ce n’est pas un reproche ou une réprimande mais bien une étape indispensable à son apprentissage.

 

L’input est indispensable à l’apprentissage de langue … mais pas suffisant

L’input est indispensable à l’apprentissage de langue … mais pas suffisant

Rebecca Oxford (1994) de l’Université d’Alabama le rappelle  : « la recherche démontre que la motivation influence directement la fréquence avec laquelle les étudiants utilisent des stratégies de seconde langue, combien ils interagissent avec des locuteurs natifs, combien d’input de langue cible ils reçoivent, dans quelle mesure ils réussissent a leurs examens, quel niveau général de langue ils atteignent, à quel point ils persévèrent dans leurs efforts et conservent leur niveau lorsque l’apprentissage formel est terminé. » La motivation, en effet, est l’un des facteurs d’apprentissages des langues les plus puissants. La motivation peut pallier certaines déficiences d’aptitude ou de quantité ; à l’inverse sans motivation, point d’apprentissage.

Un enfant désirera typiquement apprendre une langue pour s’insérer dans son milieu et avoir des amis ou bien pour réussir à ses examens ; sa motivation sera intrinsèque, par intérêt pour la langue ou par désir de réussite, ou bien extrinsèque, impartie avec plus ou moins de succès par son entourage. Les enseignants jouent un grand rôle dans la motivation de leurs élèves. La motivation tient aussi à l’absence de facteurs de démotivation : les parents, par exemple, ne doivent pas projeter leurs propres appréhensions vis-à-vis d’une langue qu’ils croient trop dure ; la société ne doit pas émettre de jugements négatifs sur une langue jugée inappropriée pour une raison ou une autre.

 

Why_learn_a_language

La motivation, essentielle pour l’apprentissage des langues, varie d’un individu à l’autre en nature et en intensité (credit termcoord.eu)

L’Interaction sociale est le troisième facteur d’apprentissage. Il est déjà partiellement couvert par les deux précédents : en effet le feedback est souvent donné au cours d’une interaction sociale (et non par une machine), et la motivation provient bien souvent de l’intervention bénéfique d’une personne. Mais le phénomène va beaucoup plus loin. Sarah Roseberry (2011), du centre iLabs de l’Université de Washington, s’est intéressée à l’apprentissage linguistique d’un groupe de 42 enfants de moins de trois ans dans des conditions expérimentales différentes : d’abord avec un adulte présent en chair et en os, ensuite avec un adulte présent virtuellement via une interface en ligne de type Skype, enfin avec un adulte enregistré dans une séquence vidéo.

Les résultats sont sans appel : l’adulte vivant, qu’il soit présent physiquement ou à distance, permet un apprentissage équivalent alors que l’enregistrement vidéo a beaucoup moins effet. Ainsi, on peut douter très fortement, au moins pour les enfants en bas âge, de l’efficacité pédagogique des émissions et programmes pour enfants préenregistrés, même lorsque le personnage principal fait semblant de poser une question et d’attendre la réponse de l’enfant. Le fait est que l’enfant ne se laisse pas duper. Il a besoin, pour apprendre, d’une interaction réelle où son interlocuteur réagit effectivement à la direction de son regard, son expression faciale, ses changements d’attitude, ses temps d’arrêt ou de reprise, bref a la dynamique de son comportement et de son apprentissage.

 

Les personnages de certains dessins animés populaires ne dupent pas les enfants, même lorsqu’ils posent une question et font semblant d’attendre une réponse

Les personnages de certains dessins animés populaires ne dupent pas les enfants, même lorsqu’ils posent une question et font semblant d’attendre une réponse

Quantité d’activité langagière, motivation et interaction sociale : ne négligez aucun de ces aspects pour l’apprentissage de langue étrangère par votre enfant.

121228_ask_languages_L1

5 mythes sur l’apprentissage par votre enfant d’une seconde langue

Un jour sans-doute vous aurez à décider d’encourager ou non votre enfant à apprendre une seconde langue. Voila 5 mythes qu’il vous faut d’abord dissiper.

  • Mythe 1 : La plupart des enfants sont monolingues, pourquoi se faire du souci ?

Et bien non. Plus de la moitié de la population mondiale grandit en fait en parlant plus d’une langue. Pour commencer, certains pays (comme par exemple Singapour) sont officiellement multilingues, et beaucoup d’autres le sont en pratique. En Chine, si le mandarin est la lingua franca, des centaines de millions de personnes parlent des langues régionales comme le shanghaïais, le cantonais ou le hokkien. En Inde la plupart des gens parlent l’une ou l’autre, voire les deux langues nationales (anglais et hindi), une langue régionale officielle (il y en a 22), et une langue locale ou familiale. Même en Europe, de plus en plus d’enfants grandissent avec plusieurs langues tant et si bien que les multilingues forment maintenant 54% de la population.

  • Mythe 2 : Laissez les enfants tranquilles, ils apprendront quand ils seront grands.

Si seulement c’était le cas – mais ce ne l’est pas. Il est vrai que les adultes progressent beaucoup plus vite, au début, grâce aux capacités analytiques et au savoir accumulés pendant toute leur vie. Mais ils plafonnent très rapidement. Et la hauteur de ce plafond varie grandement d’un individu à l’autre. En revanche, les enfants commencent peut-être plus lentement, mais eux – et eux seuls – pourront surmonter les difficultés de prononciation, d’exactitude et de fluidité. Gardez cette règle générale en tête : l’âge d’acquisition d’une langue est une très bonne indicateur du niveau finalement atteint. L’enfance est en effet une période sensible pour l’apprentissage des langues. Ah, et au fait, ils peuvent aussi apprendre en s’amusant.

  • Mythe 3 : Les enfants multilingues ont un retard de développement langagier.

Faux. Les enfants grandissant avec deux langues ou plus n’ont pas de retard de développement langagier particulier. Évidemment, leur vocabulaire dans l’une ou l’autre langue sera souvent inférieur à celui d’un monolingue ; mais pris ensemble, les vocabulaires des deux langues sont au moins aussi importants que celui d’un enfant monolingue. Il y a aussi des interférences positives, comme un savoir métalinguistique acquis au travers d’une langue et transféré à l’autre.

  • Mythe 4 : Les enfants multilingues confondent leurs différentes langues.

Non, pas du tout. En fait, dès la naissance, les enfants peuvent distinguer des langues différentes. Ce qui effectivement se produit, c’est qu’au cours d’une conversation, un enfant parlant plusieurs langues les mélange (au sens de “combine” ou “utilise simultanément”) mais ce n’est pas de la confusion. On appelle cela le code switching (et je viens de l’illustrer en utilisant un terme en anglais). Quelle en est la cause? C’est souvent que le bon mot vient d’abord à l’esprit de l’enfant dans l’autre langue (et peut-être ne le connait-il même pas dans la première langue). Cela n’arrive que lorsque l’enfant sait que son interlocuteur parle aussi la seconde langue. En conversation avec un monolingue ou si on leur demande de ne pas faire de code switching, les enfants s’en tiendront à une seule langue.

  • Mythe 5 : Il n’y a pas vraiment d’avantages à apprendre d’autres langues.

Ah bon ? Tenez-vous bien, quelqu’un prétend avoir calculé récemment le retour sur investissement de l’apprentissage de langue en étudiant les salaires ; selon lui seul l’apprentissage de l’anglais vaut le coup ! Mais être multilingue, c’est tellement plus qu’avoir un salaire plus élevé. Une vraie réussite à l’école et au travail, en captant les détails les plus subtils. L’ouverture à d’autres gens et cultures, en parlant à leur coeur et non pas à leur cerveau. Les avantages cognitifs non linguistiques, comme une plus grande capacité à traiter des information contradictoires. Et même, comme cela a été découvert récemment, une survenue plus tardive des maladies du grand âge comme celle d’Alzheimer.

Convaincus ? Dites-nous tout !

ma

Pour lire le chinois il faut commencer tôt

Dans toute langue écrite, les mots font l’objet d’une triple correspondance : la prononciation, l’écriture, et évidemment la signification (ou plus correctement le signifié). Ainsi, le mot français cheval désigne l’animal de trait et de course, se prononce /ʃə.val/et s’écrit c-h-e-v-a-l. L’écriture du français étant alphabétique et le mot cheval régulier, toute personne sachant lire saura prononcer correctement ce mot même s’il ne l’a jamais vu écrit auparavant. Comme nous l’explique S. Dehaene, la lecture emprunte ici la voie dite phonologique : les graphèmes sont mécaniquement convertis en phonèmes sans faire appel à des représentations sémantiques plus profondes.

cheval

L’histoire est tout autre en ce qui concerne le chinois. L’écriture de toutes les langues chinoises est unifiée dans le système des idéogrammes. Ces caractères chinois se prononcent différemment dans chacune des langues de la super famille, par exemple dans la plus parlée d’entre elles qui est le mandarin. Il est souvent affirmé par les non-sinisants que l’association entre un caractère chinois et sa prononciation est complètement arbitraire ; de ce fait il serait impossible de prononcer un caractère chinois, même lorsqu’on en connait la signification, si l’on n’en a pas appris par cœur la prononciation auparavant.

 

La réalité est légèrement plus subtile. Certes, il est le plus souvent indispensable d’apprendre simultanément le caractère et la prononciation de tout mot chinois. Mais il faut souligner que 80 à 90% des caractères chinois sont en fait des caractères composés. Ils comportent une racine phonétique (il y en a à peu près 200) et une racine sémantique (il y en a environ 1000). La racine phonétique, souvent du côté droit du caractère composé, peut donner des indications sur la prononciation du mot. La racine sémantique, souvent à gauche, renseigne elle sur le sens du mot, au moins en indiquant la catégorie lexicale à laquelle il appartient. Par exemple, le mot cheval s’écrit马en chinois simplifie et se prononce (troisième ton) en mandarin. La mère, elle, se prononce mā ma (ma est redoublé, le premier se prononce avec le premier ton) ; le caractère de chacun des ma se compose à gauche de la racine sémantique de femme et à droite de la racine phonétique de cheval.

ma ma French

Dans un article de 2007, Bao Guo Chen et ses collègues ont démontré que les effets de l’âge d’acquisition sur la lecture du mandarin (pour des locuteurs natifs) étaient d’autant plus importants que l’association son-caractère ou signification-caractère était arbitraire. Les caractères appris précocement étaient lus aisément ; les caractères appris tardivement étaient d’autant plus difficiles à lire que l’association au sens et à la signification était peu prédictible. En d’autres termes, plus il était difficile de déduire la signification et la prononciation d’un caractère, plus la qualité et la rapidité de la lecture pâtissaient de l’apprentissage tardif.

 

Ainsi, au sein même de la langue chinoise et pour des locuteurs chinois natifs, les effets de l’âge d’acquisition croissent avec la nature arbitraire de la correspondance entre signification, prononciation et écriture. Qu’en est-il des langues alphabétiques ? Dans celles-ci on peut par définition avoir une bonne idée de la prononciation d’un mot lorsqu’on le lit*. Or prise dans sa totalité, la langue chinoise est notoirement plus arbitraire dans ses correspondances que toutes les langues alphabétiques. On peut donc supposer que pour le chinois plus encore que pour les autres langues, il y a intérêt à apprendre la langue précocement afin de ne pas souffrir des effets accentués de l’âge d’acquisition sur la lecture.

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus :
Chen, B. G., Zhou, H. X., Dunlap, S. and Perfetti, C. A. (2007).Age of acquisition effects in reading Chinese: Evidence in favour of the arbitrary mapping hypothesis. British Journal of Psychology, 98: 499–516. doi: 10.1348/000712606X165484

Stanislas Dehaene (2007). Les neurones de la lectureEditions Odile Jacob

 

Note : * La situation varie toutefois de langue en langue. L’italien ou le turc, par exemple, sont extrêmement simples à prononcer à la simple lecture, tandis qu’une même orthographe anglaise peut se lire de multiples façons différentes (il suffit pour s’en convaincre de regarder la prononciation de la finale de  tough, through, thorough, etc…)

kuhl-baby

La perception des sons : avant l’âge de 1 an, ou jamais

Les enfants naissent “auditeurs universels”. Pendant les premiers mois de leur vie, ils peuvent distinguer tous les sons produits par les humains. Ce n’est pas une mince affaire : vous et moi en sommes parfaitement incapables. Un adulte japonais typique est incapable d’entendre la différence entre les sons /l / et /r/ de l’anglais. Un adulte anglais typique ne peut détecter la nuance entre les sons /ɕ/ and /t͡ɕ/ du mandarin. Les sons /k/ et /q/ des langues américaines indigènes ne sont pas différenciés par les adultes Américains non Indiens. Et le contraste entre les voyelles mi-fermées et mi-ouvertes (/e/, /ɛ/) du catalan est difficile à percevoir même pour les adultes espagnols parlant le castillan.

Les bébés écoutent, et écoutent longuement. Et tandis qu’ils écoutent, leur cerveau fait des statistiques sur les langues parlées dans leur environnement. Ce qu’il se produit à l’âge de 1 un est transformation linguistique extraordinaire. Les bébés s’améliorent à la perception des contrastes sonores de leur propre langue (contrastes natifs) ; mais ils perdent complètement et irrémédiablement la capacité à détecter les différences sonores présentes dans d’autres langues mais pas la leur (contrastes non natifs). L’âge auquel se produit cette transformation est appelé période phonétique critique. C’est la plus claire de toutes les périodes critiques linguistiques.

De manière étonnante, avant qu’ils n’atteignent cette période, les bébés peuvent être sensibilisés aux autres langues. Dans son TED Talk mémorable de 2010, Patricia Kuhl décrit comment 12 séances dispensées par un locuteur de mandarin sur des bébés américains ont le même effet que dix mois et demi de mandarin natif sur des bébés taiwanais : à la fin de l’expérience les deux groupes sont également bons dans leur perception des contrastes du mandarin. Au bout du compte, les contrastes sont soit perçus avant le premier anniversaire, soit jamais.

Deux miracles supplémentaires sont à souligner. D’abord, le cerveau du bébé est un cerveau social. Si le bébé est exposé aux contrastes des autres langues par l’intermédiaire d’une bande sonore ou vidéo, leur performance est aussi mauvaise que s’il n’y avait pas de formation du tout. Mais si le bébé est formé par une personne bien vivante, alors sa capacité à percevoir les contrastes sonores devient aussi bonne que s’il était un locuteur natif. Sarah Roseberry, chercheur au laboratoire de Patricia Kuhl, a démontré en 2011 que l’impact social est ressenti indépendamment de la présence physique de la personne ou non : une interaction vidéo en ligne, synchrone, de type Skype, aura le même effet.

Le second miracle réside dans la façon dont les adultes peuvent déterminer si les bébés entendent ou non les contrastes. Les bébés, évidemment, ne savent pas parler, ne comprennent pas le but des chercheurs et ne pourraient de toute façon pas exprimer les résultats de manière consciente. Dans une vidéo de 2009, Derek Houston résume 3 méthodologies utilisées communément et historiquement pour explorer les capacités de perception du discours des nourrissons :

– La succion à forte amplitude (High Amplitude Succion) : des capteurs mesurent l’amplitude et la vitesse à laquelle un bébé suce sa tétine. Quand des sons différents (et perçus comme tels) sont diffusés, la fréquence de succion augmente.

– Le conditionnement de l’orientation du regard (Conditional Head Turns) : on enseigne au bébé à tourner la tête à l’audition d’un signal particulier, en l’occurrence lorsqu’un contraste sonore est diffusé. Si le bébé ne tourne pas la tête c’est qu’il n’a pas entendu le contraste.

– Les méthodes d’habituation visuelle (Visual Habituation Methods) : lorsque le bébé est habitué à un son donné, le temps qu’il passe à fixer une cible visuelle a tendance à diminuer. Une augmentation soudaine signifie que le bébé a entendu un son nouveau.

Aujourd’hui les scientifiques ont de plus en plus recours aux techniques d’imagerie électro-physiologique et neuronale, comme mentionné dans la vidéo de Patricia Kuhl. Cela nous permet de voir directement ce qu’il se passe à l’intérieur du cerveau, et de déduire si les contrastes sonores sont perçus ou non.

 

Pour plus d’information :

Houston, D. M., Horn, D. L., Qi, R., Ting, J. Y. and Gao, S. (2007) : Assessing Speech Discrimination in Individual Infants. Infancy, 12: 119–145

Kuhl, P. K., Tsao. F.-M., & Liu, H.-M. (2003). Foreign-language experience in infancy: Effects of short-term exposure and social interaction on phonetic learning. Proceedings of the National Academy of Sciences, 100, 9096-9101