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10 bonnes raisons d’apprendre une langue étrangère

  • Se découvrir soi-même

Souvent il est une langue qui joue un rôle particulier dans l’histoire familiale. Cette langue est celle du terroir, des ancêtres, des origines, de la culture ou de la religion, ou encore de la belle-famille. Sans-doute reconnaîtrez-vous ce petit enfant dont la famille a immigré il y a une génération. Il ne peut communiquer, faute de langue commune, avec ses grands-parents restés au pays. Avec l’âge il se pose de plus en plus de questions. En apprenant la langue de ses parents, il découvrira aussi la culture et le pays de ses ancêtres, et comprendra mieux ses origines.

  •  …et découvrir l’Autre

Vous êtes dans une grande ville ou un petit village, dans le désert ou la jungle, dans un bureau ou sur la plage, à l’étranger ou dans votre pays. Lorsqu’il vous voit faire l’effort de s’adresser à lui dans sa propre langue qui n’est pas la vôtre, l’Autre détourne son regard vers vous, l’y fixe, et esquisse un sourire. Que votre accent soit presque indiscernable ou plus marqué, que votre grammaire soit parfaite ou perfectible, l’Autre est touché par le respect que vous lui témoignez. Il se détend, s’ouvre, s’apprête à partager des pensées plus intimes maintenant qu’a sauté un filtre psychologique. La connaissance de la langue de l’Autre vous est une porte d’entrée précieuse.

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« Si vous parlez à une personne dans une langue qu’elle comprend, cela va à son esprit ; si vous lui parlez dans sa langue, cela va à son cœur » Nelson Mandela

  • Voyager occasionnellement

Que ce soit pour des vacances, une escale, une mission professionnelle, la connaissance de la langue locale peut changer complètement la physionomie du séjour. Alors que vous ne parliez pas la langue locale, avez-vous déjà été prisonnier de l’emprise exclusive d’un guide qui monopolise les échanges avec le monde extérieur ? Avez-vous vu des étrangers se faire une idée complètement fausse du pays traversé parce qu’ils ne pouvaient communiquer ? A l’inverse, la langue locale n’a-t-elle pas déjà facilité vos contacts, prévus ou impromptus, avec les locaux ? Elle vous permettra parfois de trouver votre chemin, manger le soir, voire récupérer votre passeport ou passer la douane.

  • … ou faire le grand saut

De 1990 à 2010, environ 160 millions de migrants ont quitté leur pays vers d’autres cieux. En faites-vous partie ? Qu’elle qu’en soit la raison, c’est un changement de vie. La maîtrise de la langue est un élément indispensable à l’intégration sociale et économique. Dans certains pays l’obtention d’un visa – et à plus forte raison de la nationalité – est conditionnée à un niveau minimal en langue du pays d’accueil. Les parents peinent parfois et la connaissance préalable de la langue est un avantage décisif ; les enfants s’adaptent beaucoup plus rapidement et dépassent vite leurs parents.

Global Migrations 2005-2010 (credit Abel, Sander et al)

Migrations mondiales 2005-2010 (credit Abel, Sander et al)

  • Réussir sa vie professionnelle

Avec la globalisation croissante rares sont les professions et les postes ne demandant plus de compétences dans au moins une, voire deux ou trois langues étrangères. L’anglais est la lingua franca incontestée de la science. En entreprise, l’un des entretiens d’embauche pourra se tenir dans une langue autre que la sienne. Les connaissances linguistiques permettront au candidat, s’il met en avant au juste moment sa connaissance du japonais, de l’espagnol ou du bahasa, de se différencier parmi de multiples candidats au CV comparable. Quant aux employés en poste, certains voient leur évolution bloquée par leurs limitations à la communication internationale.

  • … et commencer par réussir ses études

Le rôle des langues à l’école s’accroît avec l’importance des langues dans la vie. A Singapour par exemple, les élèves passent à la fin de l’école primaire l’un des deux examens les plus importants de leur vie ; la moitié des épreuves porte sur deux langues, l’anglais et leur langue maternelle. Ailleurs dans le monde, la performance en langues déterminera l’entrée au lycée, comptera pour beaucoup dans l’obtention du baccalauréat ou donnera un avantage important dans un dossier pour l’université.

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La rubrique Langues d’un CV trouvé sur LinkedIn, exceptionnel et de plus en plus banal à la fois

  • Vivre mieux, plus longtemps

La pratique des langues partage certains mécanismes cérébraux avec ceux impliqués dans les maladies neurologiques du grand âge. Il a ainsi été observé que la maladie d’Alzheimer se déclenche en moyenne cinq ans plus tard chez les bilingues que chez les monolingues. Faites votre gymnastique linguistique et vivez mieux !

  • … et augmenter ses capacités cognitives

Connaître plusieurs langues c’est avoir la faculté de passer de l’une à l’autre en se concentrant sur la langue utilisée et en « inhibant » simultanément les autres. Les multilingues utilisent cette faculté dans tous les domaines, même non linguistiques. Ils possèdent ainsi une plus grande flexibilité intellectuelle, une meilleure capacité à gérer l’ambiguïté ou la contradiction apparente, et peuvent jongler avec l’information en ignorant les signaux inutiles ou parasites.

factorial-task (credit dimensional-overlap.com)

Les bilingues réussissent mieux que les monolingues aux tests classiques Stimulus-Réponse où le stimulus est brouillé par des éléments contradictoires à ignorer (credit dimensional-overlap.com)

  • S’émerveiller des autres langues

Peut-être ferez-vous partie de ces passionnés pour lesquels la découverte de chaque langue est un sujet d’émerveillement jubilatoire. Cette nouvelle langue, quels sons a-t-elle produits ? Quel génie va-t-elle déployer pour exprimer telle ou telle notion ? Sera-t-elle isolante, à déclinaison, ou agglutinante ? Comment traitera-t-elle le complément de nom, par exemple, où tantôt le déterminant, tantôt le déterminé se voient modifiés, parfois les deux, parfois encore aucun ; recourra-t-elle à une préposition ou s’en passera-t-elle élégamment ? Pourquoi ce billet compte-t-il 1001 mots en français (soit 5340 lettres), 963 en anglais (soit 4885 lettres), et 2174 caractères en chinois ?

  • … et mieux comprendre sa propre langue

La langue maternelle représente pendant longtemps l’évidence, celle que l’on a trouvée sans jamais la chercher, la seule option possible qu’on ne tente même pas d’expliquer. Mais ouvrir son horizon à une seconde langue remet les choses en perspective. Une langue supplémentaire permet indiscutablement d’approfondir la connaissance de sa propre langue. La structure linguistique que telle ou telle langue a choisie prend du relief lorsqu’elle se trouve comparée à d’autres : la genèse des mots se révèle, les fonctions dans la phrase s’organisent, la signification des mots se précise. Si ombre se traduit en anglais par shadow et shade c’est bien que le terme français recouvre deux notions totalement distinctes. Même l’accord du participe passé avec le verbe avoir peut se mesurer à l’aune de l’ergatif en hindi.

Levels of language structure (credit glogster.com)

Différents niveaux de structure du langage : Phonologie – Morphologie – Syntaxe – Sémantique – Pragmatique (credit glogster.com)

 

Et vous, quelles sont vos raisons ?

Pour lire le chinois il faut commencer tôt

Dans toute langue écrite, les mots font l’objet d’une triple correspondance : la prononciation, l’écriture, et évidemment la signification (ou plus correctement le signifié). Ainsi, le mot français cheval désigne l’animal de trait et de course, se prononce /ʃə.val/et s’écrit c-h-e-v-a-l. L’écriture du français étant alphabétique et le mot cheval régulier, toute personne sachant lire saura prononcer correctement ce mot même s’il ne l’a jamais vu écrit auparavant. Comme nous l’explique S. Dehaene, la lecture emprunte ici la voie dite phonologique : les graphèmes sont mécaniquement convertis en phonèmes sans faire appel à des représentations sémantiques plus profondes.

cheval

L’histoire est tout autre en ce qui concerne le chinois. L’écriture de toutes les langues chinoises est unifiée dans le système des idéogrammes. Ces caractères chinois se prononcent différemment dans chacune des langues de la super famille, par exemple dans la plus parlée d’entre elles qui est le mandarin. Il est souvent affirmé par les non-sinisants que l’association entre un caractère chinois et sa prononciation est complètement arbitraire ; de ce fait il serait impossible de prononcer un caractère chinois, même lorsqu’on en connait la signification, si l’on n’en a pas appris par cœur la prononciation auparavant.

 

La réalité est légèrement plus subtile. Certes, il est le plus souvent indispensable d’apprendre simultanément le caractère et la prononciation de tout mot chinois. Mais il faut souligner que 80 à 90% des caractères chinois sont en fait des caractères composés. Ils comportent une racine phonétique (il y en a à peu près 200) et une racine sémantique (il y en a environ 1000). La racine phonétique, souvent du côté droit du caractère composé, peut donner des indications sur la prononciation du mot. La racine sémantique, souvent à gauche, renseigne elle sur le sens du mot, au moins en indiquant la catégorie lexicale à laquelle il appartient. Par exemple, le mot cheval s’écrit马en chinois simplifie et se prononce (troisième ton) en mandarin. La mère, elle, se prononce mā ma (ma est redoublé, le premier se prononce avec le premier ton) ; le caractère de chacun des ma se compose à gauche de la racine sémantique de femme et à droite de la racine phonétique de cheval.

ma ma French

Dans un article de 2007, Bao Guo Chen et ses collègues ont démontré que les effets de l’âge d’acquisition sur la lecture du mandarin (pour des locuteurs natifs) étaient d’autant plus importants que l’association son-caractère ou signification-caractère était arbitraire. Les caractères appris précocement étaient lus aisément ; les caractères appris tardivement étaient d’autant plus difficiles à lire que l’association au sens et à la signification était peu prédictible. En d’autres termes, plus il était difficile de déduire la signification et la prononciation d’un caractère, plus la qualité et la rapidité de la lecture pâtissaient de l’apprentissage tardif.

 

Ainsi, au sein même de la langue chinoise et pour des locuteurs chinois natifs, les effets de l’âge d’acquisition croissent avec la nature arbitraire de la correspondance entre signification, prononciation et écriture. Qu’en est-il des langues alphabétiques ? Dans celles-ci on peut par définition avoir une bonne idée de la prononciation d’un mot lorsqu’on le lit*. Or prise dans sa totalité, la langue chinoise est notoirement plus arbitraire dans ses correspondances que toutes les langues alphabétiques. On peut donc supposer que pour le chinois plus encore que pour les autres langues, il y a intérêt à apprendre la langue précocement afin de ne pas souffrir des effets accentués de l’âge d’acquisition sur la lecture.

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus :
Chen, B. G., Zhou, H. X., Dunlap, S. and Perfetti, C. A. (2007).Age of acquisition effects in reading Chinese: Evidence in favour of the arbitrary mapping hypothesis. British Journal of Psychology, 98: 499–516. doi: 10.1348/000712606X165484

Stanislas Dehaene (2007). Les neurones de la lectureEditions Odile Jacob

 

Note : * La situation varie toutefois de langue en langue. L’italien ou le turc, par exemple, sont extrêmement simples à prononcer à la simple lecture, tandis qu’une même orthographe anglaise peut se lire de multiples façons différentes (il suffit pour s’en convaincre de regarder la prononciation de la finale de  tough, through, thorough, etc…)

Une nouvelle étude explique les bénéfices du bilinguisme chez les enfants

Alors que certains parents s’inquiètent parfois du risque que ferait peser le bilinguisme sur leurs enfants, notamment en matière de retard linguistique ou d’échec scolaire, la recherche permet aujourd’hui de lever toutes les craintes. Les études démontrent les unes après les autres que, non seulement le bilinguisme procure des gains matériels et économiques évidents (meilleures opportunités professionnelles, salaires plus élevés…) mais qu’il apporte également de nombreux avantages d’un point de vue du développement cérébral.

Une récente étude menée par l’Université de Washington (Institut d’apprentissage et des sciences du cerveau) démontre que le cerveau du nourrisson est totalement capable d’apprendre deux langues simultanément et que le bilinguisme est porteur de nombreux avantages cognitifs.

VivaLing vous en livre les principales conclusions.

the effects of bilingualism

1- L’apprentissage des langues dans la première année de vie

Jusqu’à l’âge de 6 mois environ, les nourrissons sont capables d’entendre les différences entre les consonnes et les voyelles qui composent universellement les mots dans toutes les langues. À l’âge de 12 mois, la discrimination des sons de la langue maternelle du nourrisson s’améliore significativement, alors que la discrimination des sons non indigènes diminue (Kuhl et al., 2006). Ainsi, cela signifie qu’à l’âge de 12 mois, les nourrissons perdent leur capacité d’auditeur universel et se spécialisent dans leur(s) langue(s) maternelle(s).

Par ailleurs, la recherche montre que le cerveau du nourrisson est totalement capable d’apprendre deux langues simultanément. Cependant, la qualité et la quantité de la langue qu’ils entendent jouent un rôle clé dans ce processus d’apprentissage. Une étude montre que les nourrissons exposés à une nouvelle langue à l’âge de 9 mois à l’occasion de séances de jeu interactives avec un professeur apprennent en seulement 6 heures à discriminer les sons des langues étrangères à des niveaux équivalents aux enfants exposés à cette langue dès leur naissance. Toutefois, aucun apprentissage ne se produit si le même enseignement est présenté via des cassettes audio ou vidéo (Kuhl, Tsao, & Liu, 2003). Ainsi, l‘apprentissage précoce des langues dépend fortement des interactions sociales et de la qualité de la parole que les enfants entendent.

Que ce soit chez les enfants monolingues ou bilingues, le niveau de maitrise d’une langue reflète la qualité et la quantité de langue que les enfants entendent. Les jeunes enfants apprennent mieux grâce à des interactions sociales fréquentes et grâce à la qualité des conversations avec des locuteurs natifs.

 

the benefits of bilingualism

2- Vocabulaire et développement grammatical

 

Les jeunes enfants exposés à deux langues dès la naissance commencent généralement à produire leurs premières syllabes et leurs premiers mots au même âge que les enfants exposés à une seule langue. En outre, l’évolution du vocabulaire et de la croissance grammaticale ressemble beaucoup à la trajectoire suivie par les enfants monolingues. Les types de mots que les enfants apprennent et la relation entre le vocabulaire et la croissance grammaticale dans chaque langue reproduisent le modèle monolingue.

Néanmoins, l’effet de l’expérience bilingue sur la production et la compréhension de la langue se manifeste souvent par un décalage dans le vocabulaire et l’acquisition grammaticale. Bien que certaines études aient montré que les enfants bilingues respectent les normes monolingues, plusieurs études rapportent que les bilingues disposent d’un vocabulaire plus restreint dans chaque langue que les monolingues (Hoff et al., 2012). Étant donné que les recherches montrent que les compétences linguistiques des enfants reflètent la quantité de langue qu’ils entendent, ces résultats ne sont pas surprenants. Les bilingues divisent leur temps entre deux langues, et ainsi, en moyenne, entendent moins de chaque langue. Cependant, il est important de noter que les enfants bilingues ne sont pas en retard par rapport à leurs pairs monolingues lorsque l’on prend en compte les deux langues. Par exemple, les tailles de vocabulaire bilingues, lorsqu’elles sont combinées dans les deux langues, sont égales ou supérieures à celles des enfants monolingues. Des constatations similaires sont rapportées sur les mesures des connaissances grammaticales.

 

3-Apprendre à lire

La lecture est un processus complexe acquis par une formation explicite, généralement après que l’enfant ait appris à parler en phrases complètes. Des études portant sur des enfants monolingues démontrent le rôle essentiel du langage oral dans la lecture et la réussite scolaire. Des milliers d’enfants américains se retrouvent dans des situations où ils doivent acquérir les bases de la lecture dans une langue qu’ils ne parlent pas ou où leurs connaissances linguistiques sont extrêmement pauvres. Cependant, la recherche démontre que l’exposition à deux langues augmente la conscience phonologique, qui est la capacité de reconnaître et de manipuler les unités sonores de la langue et qui est l’un des meilleurs prédicteurs de la capacité de lecture.

the benefits of bilingualism

4-Les avantages cognitifs du bilinguisme

Contrairement à ce que l’on pensait autrefois, le bilinguisme ne cause aucune confusion. La recherche montre même que l’exposition simultanée à deux langues engendre plusieurs avantages cognitifs. Une partie de la préoccupation concernant la confusion provient de ce qu’on appelle «mélange de code» ou «changement de code» (« code switching » en anglais).

Les enfants bilingues combinent parfois des mots ou des expressions des deux langues lorsqu’ils interagissent avec leurs pairs, leurs parents  ou leurs enseignants. Il est important de comprendre que le changement de code est naturel pour les adultes et les enfants bilingues et reflète le fait que les bilingues connaissent souvent certains mots mieux dans une langue que dans l’autre. Le changement de code chez les adultes et les enfants bilingues est régi par des règles et non pas au hasard, et les enfants bilingues suivent les mêmes principes que les adultes bilingues (Paradis, Nicoladis et Genesee, 2000).

Plutôt que de provoquer de la confusion, on comprend maintenant que le besoin constant de gérer l’attention entre deux langues favorise la pensée des enfants sur le langage en soi et conduit à une augmentation des compétences métacognitives et métalinguistiques (Bialystok, 2007). Les enfants bilingues dès l’âge de 7 et 12 mois se sont révélés être des apprenants plus flexibles comparés aux enfants monolingues (Kovacs & Mehler, 2009).

De plus en plus de preuves suggèrent que les bilingues présentent de meilleures performance en matière de fonctions exécutives (Bialystok, Craik et Luk, 2012) notamment en ce qui concerne l’attention, la flexibilité de la pensée (flexibilité cognitive) et la mise à jour des informations dans la mémoire de travail. Le bilinguisme exige une attention constante à la langue cible. L’expérience des bilingues avec deux langues améliore les réseaux cérébraux pertinents, ce qui les rend plus robustes pour le fonctionnement exécutif tout au long de leur vie. Il est intéressant de noter que l’effet cumulatif des deux langues se traduit également par des effets protecteurs contre le déclin cognitif avec le vieillissement et l’apparition de la maladie d’Alzheimer (Craik, Bialystok et Freedman, 2010). De récentes études cérébrales indiquent que les différences en matière de fonctions exécutives entre les monolingues et les bilingues se vérifient dès la petite enfance (Ferjan Ramírez et al., 2016) et persistent tout au long de la scolarité (Arredondo et al., 2016) et à l’âge adulte (Abutalebi et al Stocco et Prat, 2014).

 

 

the benefits of bilingualism

Conclusion

De plus en plus de recherches indiquent que le bilinguisme modifie non seulement les modes d’acquisition et d’utilisation du langage, mais aussi les processus cognitifs dès le plus jeune âge. Les enfants bilingues présentent des performances égales ou meilleures  que les monolingues lorsque les deux langues sont prises en compte. Les études suggèrent que l’apprentissage optimal est obtenu lorsque les enfants commencent à apprendre deux langues à un âge précoce (c’est-à-dire entre la naissance et l’âge de 3 ans) grâce à des interactions de qualité avec des êtres vivants et que l’exposition aux deux langues est maintenue tout au long de l’enfance. On constate que les environnements les plus propices à l’apprentissage bilingue sont ceux où les parents considèrent le bilinguisme comme un atout qui apporte des avantages cognitifs, sociaux et économiques importants et qui utilisent quotidiennement un langage de qualité pour communiquer avec leurs enfants.

 

Source: http://ilabs.uw.edu/Bilingual_Language_Learning_in_Children.pdf

 

Les écrans: nouvelle incarnation du diable dans les foyers?

“Mes enfants n’utilisent pas d’Ipad. Je limite la quantité de technologie que mes enfants utilisent à la maison», tels furent les propos de Steve Jobs, il y a quelques années, concernant l’utilisation de l’Ipad par ses propres enfants.

Curieux, n’est-ce pas? Le fondateur du mac et de l’Ipad, les appareils intelligents les plus populaires au monde, s’inquiétait de l’effet de ses propres produits sur ses enfants. Mais Jobs n’est pas le seul. On constate en effet une tendance chez certaines personnes du monde de la technologie et de l’informatique aux Etats-Unis à interdire à leurs enfants d’utiliser les nouvelles technologies.

D’un côté, certaines familles et établissements scolaires, faisant écho aux préoccupations concernant l’accès à du contenu inapproprié, aux risques de dépendance et aux impacts sur la santé,  ont décidé d’interdire les nouvelles technologies à leurs enfants et élèves. De l’autre, nombreux sont les parents et les autorités éducatives qui reconnaissent que les tablettes et les ordinateurs peuvent être des outils intéressants et très enrichissants. Les applications éducatives, en particulier, apportent bien plus de bénéfices aux enfants que de regarder la télévision. Alors, qui a raison?

 

learning with an ipad

 

Apprendre sur Ipad ou ordinateur: est-ce mauvais pour les enfants?

L’appareil électronique est-il vraiment le «mal» à la maison? Y at-il un moyen d’en faire un bon usage? C’est pour répondre à ces interrogations et à ces angoisses que l’Académie américaine de pédiatrie (AAP – American Academy of Pediatrics) a émis en octobre 2016 son avis et ses recommandations pour l’utilisation des écrans par les enfants:

Pour les enfants de moins de 18 mois, évitez d’utiliser des écrans autres que pour des séances de vidéoconférence (type skype) avec de véritables personnes qui parlent et interagissent avec l’enfant.

– Les parents d’enfants âgés de 18 à 24 mois qui veulent introduire des médias numériques doivent choisir des émissions de haute qualité et les regarder avec leurs enfants pour les aider à comprendre ce qu’ils voient.

Pour les enfants âgés de 2 à 5 ans, limitez l’utilisation de l’écran à 1 heure par jour de programmes de haute qualité. Les parents doivent regarder les contenus digitaux avec leurs enfants pour les aider à comprendre ce qu’ils voient et l’appliquer au monde qui les entoure.

Pour les enfants âgés de 6 ans et plus, il est recommande de:

* fixez des limites constantes sur le temps passé à utiliser les médias et les types de médias, et assurez-vous que les médias                                              ne remplacent pas le sommeil, l’activité physique et les autres comportements essentiels à la santé.

* définir des moments sans média, tels que le dîner ou les trajets, ainsi que des lieux sans média à la maison, comme les chambres.

L’AAP invite également les parents à avoir une communication continue sur la citoyenneté en ligne et la sécurité, y compris le respect des autres en ligne et hors ligne.

Outre ces recommandations, l’AAP reconnait la valeur éducative des interactions directes que l’on peut avoir par le biais de conversations vidéo, des interactions qu’elle juge «critiques pour le développement du langage». L’autorité met également en évidence les avantages des nouvelles technologies pour rattraper le retard scolaire.

 

the evil device

Les conseils de VivaLing pour une utilisation raisonnée des écrans

 

Outre les déclarations de politiques de l’APP, VivaLing apportent ses conseils aux parents pour que leurs enfants fasse le meilleur usage possible des appareils électroniques:

1- Évitez les expositions excessives aux appareils électroniques

«Tous les parents sont d’accord pour dire que manger du chocolat est bon, mais manger trop de chocolat est généralement mauvais, et manger du chocolat excessivement sucré tout en ne faisant jamais d’exercice est encore pire», explique Bernard Golstein, co-fondateur et PDG de VivaLing. «Il en va de même pour les appareils électroniques: ils doivent être utilisés de manière raisonnable et être vecteur d’un contenu de haute qualité, de manière très interactive, sans jamais remplacer les activités artistiques, physiques, intellectuelles de la vraie vie.

2- Sélectionner les applications éducatives

Le Dr David Hill, président de l’AAP, insiste sur un point: toutes les applications ou les outils en ligne étiquetés «éducatifs» ne sont pas forcément adaptés pour les enfants. Il faut donc rester vigilant et ne pas hésiter à tester le contenu d’une application avant de laisser son enfant s’en servir.

 

 

babies and electronic devices

 

VivaLing conseille aux parents de vérifier chaque matériel en ligne pour leurs enfants, ou simplement de choisir un partenaire éducatif de confiance pour accompagner l’enfant dans ses apprentissages en ligne. L’outil idéal doit être capable de fournir des contenus inspirants et enrichissants pour les enfants, et de proposer une grande une variété d’activités interactives telles que des jeux, des chants et du dialogue. Plus important encore, un bon outil éducatif digital doit être en mesure de répondre aux besoins uniques de chaque enfant, à ses intérêts et à ses préférences, afin de personnaliser l’environnement pédagogique et ainsi d’obtenir de meilleurs résultats.

 

Chaos dans la seconde langue de mon enfant – c’est grave docteur ?

Avez-vous déjà été déconcerté par la progression imprévisible et chaotique de votre enfant dans l’apprentissage d’une seconde langue ? Des progrès fulgurants semblent suivis de périodes plus lentes, voire laborieuses, voire même de régression. Une notion qui semblait acquise, et voilà soudain que votre enfant fait une faute là où il ne butait jamais. Ce verbe irrégulier, pourquoi le conjugue-t-il maintenant comme un verbe régulier ? Et pourquoi ne comprend-il plus ces tournures qui lui paraissaient si évidentes auparavant ? Mais ce n’est pas le dernier rebondissement : quelques temps plus tard, il vous surprend par des expressions inattendues qui vous surprennent à nouveau.

C’est que l’apprentissage d’une seconde langue est aussi chaotique que, par exemple, les phénomènes météorologiques. Vous souvenez-vous de ce papillon imaginé par Lorenz qui, en battant des ailes à Tokyo, modifiait le climat à Dallas ? Une action apparemment anodine et à peine perceptible peut ainsi avoir des conséquences considérables, bien loin de son lieu de première manifestation et de manière complètement imprévisible.

Même le plus élémentaire des systèmes complexes, le double pendule ou pendule à deux degrés de liberté, présente un comportement extrêmement difficile à anticiper. Non pas que les équations n’existent pas, mais le système est tellement sensible que toute prevision dynamique en devient impossible. Dans la variante du double pendule filmée ci-dessous, regardez-donc le mouvement de la petite boule rouge quand le pendule principal est mis en branle. Bien malin qui pourrait en prévoir la trajectoire.

 

L’apprentissage des langues s’apparente lui aussi à un phénomène complexe. Il est remarquablement bien décrit par la théorie des systèmes dynamiques (Dynamic Systems Theory ou DST) qui a fait son apparition en linguistique il y a moins de vingt ans. L’apprentissage des langues dépend en effet d’un grand nombre de variables à la fois cognitives et sociales : la quantité de langue cible entendue et produite, le feedback reçu, la motivation intrinsèque et extrinsèque de l’apprenant, ses interactions avec les individus, les groupes ou la société l’environnant, sa connaissance en langue première et en langue seconde, l’historique et la durée d’apprentissage … et la liste fine est encore longue. Ces variables sont non seulement très nombreuses mais aussi interconnectées dans des dynamiques riches et complexes.

L’apprentissage est éminemment non linéaire : les effets ne sont pas proportionnels aux efforts. Prenez maintenant l’image, pour le parcours d’apprentissage, d’une longue randonnée. Au cours de la randonnée les jalons seront croisés et franchis les uns après les autres ; les acquis linguistiques, eux, ne forment jamais une suite régulière d’éléments maîtrisés proprement les uns après les autres. Ils constituent plutôt un ensemble mouvant dont les composantes se recouvrent, le tout dans un relief parsemé de fossés dont il est difficile de s’extraire ou de montagnes difficiles à gravir. Chaque nouvel état d’apprentissage est le résultat de l’effet conjugué d’influences multiples sur l’état précédent. Enfin, l’apprentissage dépend étroitement du point de départ de l’enfant, neurologique, physiologique, psychologique.

En êtes-vous maintenant convaincu ? Le chemin précis de l’apprentissage d’une seconde langue est dans une grande mesure imprévisible. Cependant, pour les enfants, le résultat final sera statistiquement une très bonne maîtrise de la langue. Le chaos en soi n’est donc pas à craindre mais à apprivoiser. La leçon pour l’enseignant, on le sait bien, est de personnaliser à l’extrême l’enseignement à l’apprenant, son histoire, son état présent; de réagir minutieusement à chaque évolution et de l’accompagner ainsi vers son objectif ultime. La leçon principale pour l’apprenant et sa famille est que, une fois trouvé le bon enseignant, il ne faut jamais céder au découragement mais au contraire persévérer et toujours encourager son enfant dans ses efforts. C’est ce que vous faites déjà, n’est-ce pas ? Ceci conduira votre enfant du chaos à l’apprentissage, de la difficulté à la réussite.

 

Pour en savoir plus :

De Bot, K., Lowie, W. & Verspoor, M. (2007). A dynamic systems theory approach to second language acquisition. Bilingualism : Language and Cognition, 10(1), 2007, 7-21.

 

Le parcours de votre enfant avec VivaLing

Commencer tôt, bien apprendre, ne pas oublier : voilà les étapes simples du parcours de votre enfant avec VivaLing. Découvrez-en plus ci-dessous sur le cadre théorique conçu par VivaLing et sa mise en œuvre pour favoriser l’obtention de résultats concrets. Vous pouvez aussi vous référer aux articles correspondants de notre blog.

The VivaLing framework v2.6 (right) French image

 

5 mythes sur l’apprentissage par votre enfant d’une seconde langue

Un jour sans-doute vous aurez à décider d’encourager ou non votre enfant à apprendre une seconde langue. Voila 5 mythes qu’il vous faut d’abord dissiper.

  • Mythe 1 : La plupart des enfants sont monolingues, pourquoi se faire du souci ?

Et bien non. Plus de la moitié de la population mondiale grandit en fait en parlant plus d’une langue. Pour commencer, certains pays (comme par exemple Singapour) sont officiellement multilingues, et beaucoup d’autres le sont en pratique. En Chine, si le mandarin est la lingua franca, des centaines de millions de personnes parlent des langues régionales comme le shanghaïais, le cantonais ou le hokkien. En Inde la plupart des gens parlent l’une ou l’autre, voire les deux langues nationales (anglais et hindi), une langue régionale officielle (il y en a 22), et une langue locale ou familiale. Même en Europe, de plus en plus d’enfants grandissent avec plusieurs langues tant et si bien que les multilingues forment maintenant 54% de la population.

  • Mythe 2 : Laissez les enfants tranquilles, ils apprendront quand ils seront grands.

Si seulement c’était le cas – mais ce ne l’est pas. Il est vrai que les adultes progressent beaucoup plus vite, au début, grâce aux capacités analytiques et au savoir accumulés pendant toute leur vie. Mais ils plafonnent très rapidement. Et la hauteur de ce plafond varie grandement d’un individu à l’autre. En revanche, les enfants commencent peut-être plus lentement, mais eux – et eux seuls – pourront surmonter les difficultés de prononciation, d’exactitude et de fluidité. Gardez cette règle générale en tête : l’âge d’acquisition d’une langue est une très bonne indicateur du niveau finalement atteint. L’enfance est en effet une période sensible pour l’apprentissage des langues. Ah, et au fait, ils peuvent aussi apprendre en s’amusant.

  • Mythe 3 : Les enfants multilingues ont un retard de développement langagier.

Faux. Les enfants grandissant avec deux langues ou plus n’ont pas de retard de développement langagier particulier. Évidemment, leur vocabulaire dans l’une ou l’autre langue sera souvent inférieur à celui d’un monolingue ; mais pris ensemble, les vocabulaires des deux langues sont au moins aussi importants que celui d’un enfant monolingue. Il y a aussi des interférences positives, comme un savoir métalinguistique acquis au travers d’une langue et transféré à l’autre.

  • Mythe 4 : Les enfants multilingues confondent leurs différentes langues.

Non, pas du tout. En fait, dès la naissance, les enfants peuvent distinguer des langues différentes. Ce qui effectivement se produit, c’est qu’au cours d’une conversation, un enfant parlant plusieurs langues les mélange (au sens de “combine” ou “utilise simultanément”) mais ce n’est pas de la confusion. On appelle cela le code switching (et je viens de l’illustrer en utilisant un terme en anglais). Quelle en est la cause? C’est souvent que le bon mot vient d’abord à l’esprit de l’enfant dans l’autre langue (et peut-être ne le connait-il même pas dans la première langue). Cela n’arrive que lorsque l’enfant sait que son interlocuteur parle aussi la seconde langue. En conversation avec un monolingue ou si on leur demande de ne pas faire de code switching, les enfants s’en tiendront à une seule langue.

  • Mythe 5 : Il n’y a pas vraiment d’avantages à apprendre d’autres langues.

Ah bon ? Tenez-vous bien, quelqu’un prétend avoir calculé récemment le retour sur investissement de l’apprentissage de langue en étudiant les salaires ; selon lui seul l’apprentissage de l’anglais vaut le coup ! Mais être multilingue, c’est tellement plus qu’avoir un salaire plus élevé. Une vraie réussite à l’école et au travail, en captant les détails les plus subtils. L’ouverture à d’autres gens et cultures, en parlant à leur coeur et non pas à leur cerveau. Les avantages cognitifs non linguistiques, comme une plus grande capacité à traiter des information contradictoires. Et même, comme cela a été découvert récemment, une survenue plus tardive des maladies du grand âge comme celle d’Alzheimer.

Convaincus ? Dites-nous tout !

Ava la petite chanteuse et conteuse en mandarin

Aujourd’hui nous sommes accueillis par Olivia et Simon qui , entre deux voyages, ont pris le temps de partager avec nous un peu de leur vie multilingue.

  • En quelques mots, qui êtes-vous ?

Simon, mon mari, mes deux filles Ava (5 ans) et Zélie (2 ans) et moi-même vivons à Singapour depuis 18 mois. Singapour est notre seconde destination d’expatriation après Sydney où nous avons passé deux années divines. Nous sommes originaires de Paris mais avant d’avoir des enfants, Simon, qui travaille pour une banque, habitait a Londres tandis que je vivais a Bruxelles, et avant cela, à Moscou pour mes études.

Photo Ava G - (3) avec Olivia - Small

  • Quels sont vos meilleurs souvenirs personnels de multilinguisme ?

J’ai eu la chance, depuis l’âge de 10 ans, d’être envoyée par mes parents tous les ans, à la fin de l’année scolaire et pour au moins un mois, dans un pays étranger (Allemagne, Angleterre, États-Unis, Italie). Même si tous mes amis étaient en vacances pendant que j’étais moi toujours à l’école, j’ai gardé d’excellents souvenirs de cette période de ma vie. Elle m’a aidé à développer un sens d’adaptabilité et a bâtir des relations d’amitié avec des gens d’origines diverses.

Maintenant c’est mon tour d’être une mère Kiasu 😉 Donc mes deux enfants vont à la maternelle singapourienne et j’aimerais envoyer Ava dans une école primaire locale également. Au bout de deux ans dans une crèche australienne à l’entendre dire à notre voisin “Good day mate !” tout en se rendant a la plage, je vois qu’elle est maintenant a l’aise a parler mandarin à sa laoshi** ou à chanter des chansons avec ses amis d’école.

Je suis émerveillée par la capacité et la facilite qu’ont les enfants de cet âge a s’adapter a de nouveaux environnements. Au delà de la langue, je souhaite que mes enfants embrassent la diversité culturelle a laquelle ils sont exposes pour grandir en pensant  et avec une approche de tolérance vis-à-vis des autres cultures, religions et traditions. Photo Ava G - (1) Famille - Small

  • Quel est le parcours linguistique de vos enfants ?

Ava est née en France. Sa langue maternelle est le français et elle a commencé à apprendre l’anglais à l’âge de 2 ans lorsque nous avons déménagé en Australie. A Sydney, nous parlions anglais le plus souvent, y compris à la maison, donc lorsque nous sommes partis pour Singapour, son anglais était plutôt bon. Elle a ensuite commencé le mandarin à la maternelle à l’âge de 4 ans. Je n’avais pas réalisé la première semaine combien d’heures de mandarin elle avait par jour. Je me souviens lui avoir demandé, en la récupérant à l’école : “Alors ma chérie, qu’as-tu fait à l’école aujourd’hui?” Elle a grommelé : “Je n’en sais rien”. Elle m’avait donné la même réponse chaque jour depuis la rentrée. Comme je commençais à perdre patience elle m’a finalement dit :”Le prof anglais a été malade toute la semaine donc on a eu le prof chinois tout le temps”. Aie ! Et oui, je me suis sentie mauvaise mère. La semaine suivante, le professeur anglais est revenu et cela a un peu stabilisé l’apprentissage de mandarin par Ava. Maintenant elle est la première à demander à me raconter une histoire en mandarin. Elle demande après Maîtresse Sunny chaque jour et quand la leçon de 25 minutes est terminée, elle regarde la vidéo de sa séance précédente avec Sunny Laoshi. Je suis soulagée : il n’y a pas de traumatisme chinois !Photo Ava G - (2) avec Zelie - Small

  • Pourquoi tenez-vous à ce que vos enfants apprennent le chinois ?

J’imagine que c’est pour qu’ils puissent parler la langue la plus parlée au monde ! Le mandarin est une langue clé avec l’anglais et probablement l’espagnol. Chaque chose en son temps… 😉

  • Qu’est-ce que VivaLing vous apporte ?

VivaLing est l’outil parfait pour aider Ava à prendre confiance en parlant chinois. A l’école, elle a très peu d’occasions de discuter en mandarin. Elle entend son maître parler, répète les mots, les écrit mais n’est invitée à prendre la parole quasiment que pendant les séances “montrer et raconter” ; elle doit alors en 3 minutes raconter en chinois une histoire d’un livre de son choix. La tache est ardue pour elle puisqu’elle n’a pas l’occasion à la maison de parler chinois, contrairement a beaucoup de ses amis. Maintenant, grâce à VivaLing et à Sunny, elle a quelqu’un à qui parler mandarin deux fois par semaine, pour évoquer cette partie de sa scolarité que je ne suis pas toujours en mesure de suivre. Elle joue aussi avec Sunny, lui montrant ses poupées, lui racontant des histoires de princesses… C’est l’amie chinoise de Ava à Beijing ! Merci Sunny ! Merci VivaLing !

L’année prochaine, j’envisage d’inscrire Zelie. “Tu veux te lancerZelie ?””Yào”. Grand merci à Olivia et Simon d’avoir partagé leur expérience. Si vous aussi souhaitez figurer dans cette série, contactez-nous !

Pour Fanny et Alex, le monde se vit dans l’Echange

  • En quelques mots, qui êtes-vous ?

Une famille française du Sud Ouest expatriée à Singapour depuis un an et qui voulait commencer à découvrir le monde autrement que via le voyage seul !

Singapour est une première expatriation mais nous avons toujours crapahuté, Alex et moi (Fanny), en solo, en couple puis embarquant nos 2 «Moutards » dès leurs premiers mois, à travers l’Europe,  sur les routes du Mexique et de l’Inde, du Liban à l’Indonésie en passant par la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, le Maroc, le Japon, l’Amérique du Nord …

Dans nos vies, le voyage est essentiel dans la compréhension des différences (et la différence nous la vivons déjà au quotidien avec notre cadet handicapé), l’ouverture aux autres et la construction du présent et du futur, particulièrement par le regard des enfants (l’avenir !) sur le monde, dès aujourd’hui.

Fanny et Alex, avec Nathanel et Eliaz

Fanny et Alex, avec Nathanel et Eliaz

 

  • Quels sont vos meilleurs souvenirs personnels de multilinguisme ?

Souvenirs professionnels pour Alex : se retrouver dans des salons, enchaînant et alternant les discussions en français, anglais, espagnol et italien, si bien qu’à la fin de la journée il se sentait un peu de chaque langue !

Nombreux sont les souvenirs personnels et familiaux de toutes les possibilités que les langues étrangères nous ont offert de découvrir plus, de dépasser des barrières et de mieux comprendre les autres à chacun de nos voyages.

Souvenirs plus « frais » : nous voir demander à notre fils de nous apprendre des rudiments de mandarin pour mieux nous immerger dans la vie singapourienne et le sourire des singapouriens quand il leur parle en mandarin !

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  • Quel est le parcours linguistique de vos enfants ?

Nos enfants n’ont jamais étudié l’anglais avant Singapour. En France (Bordeaux), ils étaient scolarisés dans une école qui, traditionnellement, accueille les enfants migrants d’origine hispanique. Ils ont donc commencé leur apprentissage linguistique avec l’espagnol, depuis la maternelle. Parallèlement,  à la maison nous avons « parlé » le langage des signes plusieurs années en attendant que notre cadet puisse s’exprimer oralement.

Aujourd’hui, Nathanel (9ans) apprend l’anglais et le mandarin (école+VivaLing) et Eliaz (7ans), malgré sa différence, se familiarise avec beaucoup de plaisir à l’anglais (école+VivaLing) avant d’intégrer une école spécialisée singapourienne très bientôt.

VivaLing Blog (credit : Fanny and Alex) -  DSC2246

 

  • Que represente pour vous l’apprentissage des langues par vos enfants ?

Nathanel s’était juré ne jamais ni apprendre ni parler anglais ou même une autre langue que l’espagnol 😉 ! Aujourd’hui, le voir  « discuter » avec les singapouriens, le sourire accroché aux lèvres, alternant ses connaissances dans les 2 langues (anglais et mandarin) est un vrai régal ! Pour notre aîné, apprendre le mandarin est d’abord une envie, un plaisir et un intérêt de sa part pour une langue qu’il décrit comme si fine et si chantante. Le voir s’épanouir avec d’autres mots et s’ouvrir à une autre façon d’envisager «  l’autre »,  la communication, une culture différente,  est essentiel dans l’éducation que nous avons choisie pour nos enfants.

Quant à Eliaz, même à « l’autre bout du monde » , en intégrant la notion de « parlers différents » il peut bénéficier d’une scolarisation adaptée à ses besoins sans que la langue ne soit une barrière, et donner libre cours à son goût pour la rencontre et  l’échange qu’il manifeste quotidiennement.

Les langues étrangères sont un atout (personnel et professionnel) pour eux. Pour nous, le monde se vit dans l’Echange et la langue en est l’un des principaux canaux ; plus il y a de langues parlées, moins on se heurte à des« frontières » à la découverte et à la rencontre.

VivaLing - Blog (Credit : Fanny and Alex) - DSC 7867

  • Qu’est-ce que VivaLing vous apporte ?

Les possibilités proposées par VivaLing sont “tout bénef”!! Une organisation à la carte (parfait quand on a un enfant qui a déjà un emploi du temps de ministre!), la possibilité de respecter le rythme de l’enfant tout en étant raccord avec celui des parents, la praticité de la session à domicile tarif compris. L’interactivité est facile et parfaite.

Mais plus que tout, en plus de la langue, VivaLing offre de traverser à nouveau les frontières en mettant nos enfants en contact avec des coachs de tous d’horizons et coins du monde ! En plus d’une langue les enfants apprennent aussi la vie ailleurs (en République Tchèque et au Texas pour nous) au travers de discussions partagées avec leurs coachs.

Grand merci à Fanny et Alex d’avoir partagé leur expérience. Si vous aussi souhaitez figurer dans cette série, contactez-nous !

 

Votre enfant pourrait-il oublier une langue ?

Les parents de Sarah et Jeremie* nous ont rapporté l’histoire linguistique familiale. De père français et de mère sud-africaine anglophone, les deux jeunes enfants grandissent en bilingues simultanés. Nés en Inde, entourés de nounous qui ont pour stricte instruction de ne parler que Hindi, les petits acquièrent rapidement une très bonne compréhension de la langue locale. Lorsque Sarah atteint l’âge de 5 ans et Jeremie celui de 3 ans et demi, la famille quitte l’Inde pour Singapour. Les deux enfants, au début, gratifient tous les Singapouriens d’un « namasté » enthousiaste – même ceux dont l’origine est manifestement chinoise ou malaise. Rapidement, leurs tentatives de communication s’avérant infructueuses, les enfants se rabattent sur l’anglais qui est compris par tous. Un beau jour, six mois après leur arrivée à Singapour, un Indien s’adresse à eux dans un Hindi très simple pour leur demander leur nom. A la surprise générale, les enfants restent muets, ne comprenant manifestement pas la question. Les parents décontenancés font d’autres tentatives en Hindi mais doivent bientôt se rendre à l’évidence : le Hindi de leurs enfants paraît s’être complètement volatilisé.

Le cas est loin d’être unique. Les familles expatriées, notamment, le savent bien et regorgent d’anecdotes sur le sujet. D’abord si promptes à s’émerveiller de l’acquisition linguistique quasi miraculeuse de leurs enfants, elles sont souvent interloquées de voir la seconde langue s’évanouir aussi vite qu’elle a été apprise. Dans son livre  Bilingual, Francois Grojean relate plusieurs témoignages : celui du petit Stephen, qui à l’âge de 8 ans avait déjà appris trois langues et oublié deux d’entre elles. Ou celui de Kai Fong, de langue maternelle cantonaise, émigré aux Etats-Unis avec ses parents à l’âge de 5 ans, et qui à 10 ans, ne parlant plus qu’anglais, se retrouve désormais incapable de converser avec les membres plus âgés de la famille.

Mais tous ces parents déboussolés nourrissent souvent un espoir secret : la langue manquante n’est-elle pas enfouie quelque part dans le cerveau, prête à resurgir si les conditions s’y prêtent ?

Pour répondre notamment à cette question de manière formelle, Christophe Pallier choisit d’étudier en 2003 des orphelins adoptés dans leur enfance ou petite enfance par des familles de langue différente. Les sujets finalement retenus sont des Coréens adoptés entre l’âge de 3 et 10 ans par des familles de langue française. Les enfants ont donc abandonné l’usage de leur langue maternelle, le coréen, du jour au lendemain. Parvenus à l’âge adulte, ils subissent une batterie de tests de la part de Pallier et son équipe. Les tests consistent par exemple à reconnaitre des phrases en coréen parmi d’autres langues, ou à identifier parmi deux mots la traduction coréenne d’un mot français. Pendant ces opérations l’activité cérébrale des sujets est observée par résonnance magnétique fonctionnelle. Pour chacune des expériences et observations, les résultats des orphelins coréens sont comparés à ceux d’un groupe de contrôle français. Le verdict est sans appel : les deux groupes sont quasi indiscernables ; les orphelins coréens n’ayant gardé aucune mémoire du coréen – ou presque. La seule différence est que les orphelins reconnaissent mieux que le groupe de contrôle une série de nombres en coréen.

Christophe Pallier rapporte néanmoins les conclusions d’autres chercheurs tendant à prouver certains acquis définitifs liés à l’exposition précoce à une seconde langue, même si celle-ci (voire même la langue maternelle) est plus tard « oubliée ». Ces avantages supposés ont trait essentiellement aux domaines de la perception et la production des sons – mais les conditions expérimentales étaient légèrement différentes et l’exposition au langage « oublié » n’avait pas été complètement interrompue.

Au vu des résultats, les actions à mener sont donc claires. L’enfance et la petite enfance permettent certes d’acquérir une seconde langue dans des conditions optimales, mais celle-ci, si elle n’est pas entretenue, peut disparaitre aussi vite qu’elle est arrivée. Il n’en restera rien, ou pratiquement rien. Il faut donc pratiquer ! Enfin, d’autres études mentionnées par Christophe Pallier ou compilées sur le site de Monika Schmid indiquent que si la langue est conservée jusqu’à la puberté, l’attrition sera par la suite beaucoup plus faible. Voilà une raison supplémentaire pour consolider ses acquis linguistiques en seconde langue jusqu’à la puberté au moins.
* Note : les prénoms ont été modifiés.

Pour en savoir plus :

Schmid, Monika. The attrition website

Grosjean, F (2010). Bilingual. Harvard University Press

Pallier, C (2007). Critical periods in language acquisition and language attrition.  In Barbara Köpke, Monika S. Schmid, Merel Keijzer, and Susan Dostert, editors,Language Attrition: Theoretical perspectives. John Benjamins, Amsterdam