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Le développement du langage chez l’enfant bilingue

Le développement du langage chez l’enfant bilingue

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Quelles sont les grandes étapes de l’acquisition du langage chez l’enfant? Comment faire la différence entre un léger retard de langage lié au bilinguisme et un véritable trouble ? Autant de questions que se posent souvent les parents d’enfants bilingues et auxquelles Domitilla Delaporte, Orthophoniste en ligne et Coach en accompagnement parental, apporte des éléments de réponse pour la communauté VivaLing.

– L’apprentissage du langage se fait tout au long de l’enfance. Pouvez-vous nous rappeler quelles en sont les grandes étapes ?

Il existe effectivement de grandes étapes du développement du langage (mais attention, les âges cités ne sont que des moyennes)…

Dès 4 semaines…

Le bébé perçoit la différence entre les voix masculine et féminine.

L’enfant passe la plupart de son temps éveillé à explorer le monde qui l’entoure, à jouer avec les sons. C’est un temps d’imprégnation sonore.

Le bébe développe de manière conjointe ses 5 sens (vue, ouie, toucher, gout, odorat).

Entre 2 mois et 4 mois…

Le bébé gazouille, il produit les « areu ».  Souvent, il comprend déjà des mots simples comme « papa » ou « maman ».

Entre 4 et 12 mois…

C’est le stade pré linguistique au cours duquel l’enfant tire un plaisir physique à essayer ses cordes vocales. Il babille… en passant du grave à l’aigu, du cri au chuchotement. Il est sensible à l’intonation.

Il réagit à son prénom, il tourne la tête quand on l’appelle. Puis, petit à petit, il comprend des ordres simples (souvent accompagnés d’un geste) et quelques expressions familières (avec le contexte aussi). Il ajoute ensuite les consonnes aux voyelles qu’il maîtrise déjà. Et forme ainsi les premières syllabes qu’il répète avec un plaisir immense (« papa », « mama » …). Il répète de manière automatique ce que dit l’adulte : c’est ce qu’on appelle l’écholalie.

Entre 12 et 20 mois…

Vers un an, l’enfant dit ses premiers mots. (Plus généralement, on situe l’apparition des premiers mots entre 8 et 14 mois). Les premiers mots sont reproduits sans y mettre du sens. Ce sont les parents qui le mettent en nommant, décrivant, qualifiant et en faisant la relation entre le mot et l’action : donner, prendre…

Vers 18 mois, l’enfant dispose d’une cinquantaine de mots dans son vocabulaire.

De 2 à 5 ans…

C’est l’acquisition de la fonction symbolique du langage : on peut parler aussi de ce qu’on ne voit pas. Le vocabulaire s’enrichit et à 2 ans et demi un enfant monolingue dit environ 100 mots et en comprend le double.

Un enfant bilingue en a autant en sa possession, mais répartis dans les deux langues (d’où un retard qui peut apparaitre face à un test de vocabulaire réalisé uniquement dans l’une des deux langues).

De 5 à 7 ans…

L’enfant peut s’exprimer correctement en faisant des phrases.

Il peut utiliser différentes fonctions : exprimer ses émotions, donner des informations, communiquer, et même jouer avec les mots.

Il est souvent prêt pour l’apprentissage de l’écrit.

De 7 ans à l’adolescence… et après…

Le langage se développe sur toute une vie ! Il s’affine en fonction des besoins et des expériences. Le caractère joue aussi ; certains sont plus bavards que d’autres.

C’est pour cela qu’on parle de “langue vivante”…

Une petite remarque  : n’hésitez donc pas à stimuler le langage de votre enfant et à communiquer avec lui BIEN AVANT l’apparition des premiers mots !

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– Qu’en est-il pour les enfants bilingues?

Le langage des enfants bilingues (ou multilingues) se développe en suivant les mêmes étapes chronologiques que celui des enfants monolingues.

Le bébé ou l’enfant à qui on parle 2 langues développe très naturellement deux systèmes linguistiques, c’est-à-dire deux langues bien distinctes.

Parfois, on observe un développement du vocabulaire plus lent chez les enfants bilingues. On appelle ce retard un “pseudo-retard langagier”.

La plupart du temps, l’enfant bilingue rattrape ce pseudo-retard langagier, tout simplement.

Un mélange des langues (ex : je suis happy aujourd’hui)  est un comportement langagier normal et fréquent chez l’enfant bilingue. On parle souvent de “code-switching” ou “code mixing”.

Il est essentiel que les personnes qui s’adressent à l’enfant lui parlent dans une langue qu’ils maitrisent parfaitement. L’enfant développera ainsi de bonnes compétences de communication et de langage. Dans ces conditions, l’enfant peut apprendre plusieurs langues.

– Comment distinguer un pseudo-retard langagier d’un trouble spécifique du langage?

L’éventuel retard des premiers mots et phrases chez l’enfant bilingue est relatif. En effet, l’ensemble des mots produits dans les 2 langues correspond au nombre de mots que connait un enfant monolingue du même âge.

Parfois le développement du vocabulaire est un peu décalé dans le temps.

En revanche, le bilinguisme n’a pas d’influence sur l’acquisition des sons et de la syntaxe (souvent, des erreurs de syntaxe particulières apparaissent de manière temporaire, en raison de l’influence d’une langue sur l’autre. ex : j’attends pour mon ami).

Le bilinguisme n’aggrave pas les troubles du langage. En cas de difficultés d’acquisition du langage, il est préférable de continuer de parler à l’enfant la langue familiale, pour maintenir une bonne communication au sein de la famille et un lien avec la culture d’origine.

Il n’est pas toujours facile de faire la différence entre le retard de langage lie a la situation de bilinguisme et le trouble du langage qui existe dans les 2 langues (et qui aurait existé même dans un contexte monolingue).

C’est la raison pour laquelle il ne faut pas hésiter à demander conseil à un spécialiste qui aura un regard extérieur et professionnel.

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– Quels sont les avantages du bilinguisme chez les enfants?

Au-delà des avantages évidents en matière de vie professionnelle future, tout bilinguisme est enrichissant, quelles que soient les langues parlées.

Le bilinguisme permet :

– de renforcer la construction de l’identité́ de l’enfant par rapport à ses repères  familiaux ou son cadre de vie

– de maintenir l’ensemble des liens familiaux et de communiquer avec différentes communautés

– d’améliorer la souplesse d’esprit et l’acuité auditive. Les bilingues ont plus de facilités pour toutes les activités multi-tâches que les monolingues.

– d’entrainer la faculté́ de raisonnement abstrait

– Tous les enfants sont capables d’apprendre plusieurs langues, même ceux qui ont des retards développementaux ou des difficultés d’apprentissage… si ces langues ont du sens pour eux

– Quels conseils donneriez-vous aux parents qui souhaitent que leurs enfants deviennent bilingues? 

Le premier conseil que je donnerais, c’est de vous faire confiance !

Pas de Panique ! Si ce bilinguisme fait sens pour vous, vous saurez mettre en place les prérequis nécessaires pour que cela se passe bien. Ne mettez pas votre enfant sous pression : gardez votre rôle de parent, pas celui de “professeur de langage”.

Parlez à votre enfant dans votre langue maternelle, même si ce n’est pas la langue du pays dans lequel vous vivez. Ainsi vous aurez du plaisir à communiquer avec votre enfant, vous lui offrirez un bon modèle linguistique et lui transmettrez votre langue, mais aussi des éléments de votre culture (alimentation, fêtes traditionnelles, etc…).

– Adoptez la règle « une personne, une langue » (souvent dans le cas des couples qui parlent 2 langues différentes) ou optez pour « un endroit, une langue » (souvent une langue à la maison, une autre a l’école). Acceptez de lâcher-prise parfois… il y a la règle, mais il peut y avoir des exceptions (quand il y a du sens, les enfants font la part des choses).

– Organisez des rencontres avec des amis qui parlent les mêmes langues que vos enfants. Si vous leur mettez des DVD, vous pourrez également choisir la langue pour le visionnage.

Consultez un(e) orthophoniste en cas d’inquiétudes par rapport au développement langagier de votre enfant. Ce n’est pas la peine d’attendre : quelques conseils en fonction de l’évolution de l’enfant et de son milieu linguistique peuvent déjà aider, et une rééducation précoce peut être mise en place si besoin. Souvenez-vous qu’un bon niveau de langage oral évite que l’enfant ne soit trop frustré. Un bon niveau de langage est aussi un prérequis important pour la scolarité et la socialisation.

Domitilla Delaporte

Domitilla de Laporte, Orthophoniste en ligne et Coach en accompagnement parental, notamment sur les thématiques d’expatriation et périodes de transitions

Expatriée en famille dans 5 pays (Angleterre, Suisse, Japon, Singapour, Allemagne), et maman de 4 enfants plurilingues nés dans 3 pays différents.

Passionnée par le langage (oral, écrit et non-verbal) et notamment celui des enfants ETC (Enfants de la Troisième Culture) ou TCK (Third Culture Kids).

www.domidelaporte.com  / Contact: domitillaortho@gmail.com

Victor Augais VivaLing

Pour Victor et Aude, le Tour du Monde se vit en famille

Entrepreneur à Paris, fondateur de la société de centres de football à cinq, UrbanFootball, Victor et sa femme Aude, cadre chez BNP Paribas, ont décidé de partir pendant un an faire le tour du monde avec leur 4 enfants  – Candice, 8 ans, Georges, 6 ans, Maxime, 4 ans et Emile, 1 an. De passage à Singapour pour quelques mois, ils partagent avec nous le récit de cette fantastique aventure familiale.

 

Victor Augais VivaLing

 

  • Quel a été l’élément déclencheur et quel est l’objectif de votre Tour du Monde?

L’arrivée de notre petit dernier, Emile, et la décision de Victor de repartir vers une autre aventure entrepreneuriale, ont constitué l’occasion pour nous partir en voyage pendant 1 an

Nous souhaitons avant tout vivre une année différente, en famille, et découvrir des villes que nous pensons aimer, en nous y installant pour quelques mois. C’est l’occasion de nous occuper nous-mêmes de l’école des enfants, en CP et CE2, de prendre du temps pour décompresser et réfléchir à nos priorités dans la vie. Le voyage est aussi l’occasion de découvrir des cultures différentes, et d’y sensibiliser les enfants. Nous espérons que les enfants progresseront en Anglais, et auront envie de parler plusieurs langues à l’avenir. Enfin, Victor profite de nos étapes pour rechercher des idées innovantes à lancer en France à notre retour.

Victor Augais VivaLing

  • Quel est votre itinéraire?

Nous alternons les voyages avec les installations plusieurs mois dans de grandes villes. Au programme : la côte ouest américaine en camping-car, San Francisco, le Mexique, Singapour, Bali, et enfin New York.

  • Pourquoi avoir décidé de vous lancer en famille dans cette aventure?

Parce que nous ne nous voyions pas partir chacun seul de notre côté 🙂 . L’aventure partagée en famille est le vrai but de notre voyage.

Victor Augais VivaLing

  • Quels sont les évènements et/ou rencontres qui vous ont le plus marqué jusqu’à présent?

Nous avons tout aimé. La beauté des paysages de la côte Ouest en camping-car, et les soirées au coin du feu dans les parcs nationaux, l’énergie de San Francisco dans une apparence de ville de province, le calme des plages du Yucatan, l’organisation parfaite de Singapour dans un écrin de verdure. Et partout l’accueil chaleureux des familles installées sur place que nous avons rencontrées

  • Comment se passe la scolarité de vos enfants pendant cette année?

C’est Victor qui fait la classe aux 2 grands le matin, en CP et CE2, via les cours d’enseignement à distance Sainte-Anne. Pendant ce temps, Aude part se promener avec les 2 petits, sinon aucune concentration ne serait possible à la maison

  • Quelle est la place des langues dans votre périple ?

Nous essayons de sensibiliser les enfants à l’anglais et à des cultures différentes, et leur faisons aussi prendre des leçons, avec Vivaling notamment. Par exemple à San Francisco, nous les avons inscrits dans un “afterschool” public pour qu’ils rencontrent de petits américains, et nous ferons de même à New York au printemps.

Victor Augais VivaLing

  • Pourquoi avoir choisi VivaLing pour vos enfants ?

Le service proposé par Vivaling me semble excellent, et très adapté à une année d’itinérance, avec des cours en ligne et la possibilité de conserver le même professeur. Les enfants peuvent également profiter de nos trajets de voyage pour revoir leurs cours.

  • Qu’appréciez-vous le plus chez VivaLing ?

Le fait de pouvoir revoir les cours, pour réviser pour les enfants, et pour vérifier ce qui s’y passe pour les parents

Victor Augais VivaLing

  • De quelles qualités auront besoin, selon vous, les enfants et jeunes d’aujourd’hui pour réussir leur vie professionnelle demain?

D’être curieux et adaptables. De ne rien prendre pour acquis, d’avoir le discernement pour faire leurs propres choix, et le courage de les mettre en pratique. Et de parler Anglais !

  • Et après le tour du monde ?

Retour à Paris, pour une nouvelle aventure entrepreneuriale pour Victor.

Victor Augais VivaLing

Vous pouvez suivre les aventures d’Aude et Victor sur leur blog: https://ensemble-autrement.com/

 

Petit garçon asiatique

Une nouvelle étude explique les bénéfices du bilinguisme chez les enfants

Alors que certains parents s’inquiètent parfois du risque que ferait peser le bilinguisme sur leurs enfants, notamment en matière de retard linguistique ou d’échec scolaire, la recherche permet aujourd’hui de lever toutes les craintes. Les études démontrent les unes après les autres que, non seulement le bilinguisme procure des gains matériels et économiques évidents (meilleures opportunités professionnelles, salaires plus élevés…) mais qu’il apporte également de nombreux avantages d’un point de vue du développement cérébral.

Une récente étude menée par l’Université de Washington (Institut d’apprentissage et des sciences du cerveau) démontre que le cerveau du nourrisson est totalement capable d’apprendre deux langues simultanément et que le bilinguisme est porteur de nombreux avantages cognitifs.

VivaLing vous en livre les principales conclusions.

the effects of bilingualism

1- L’apprentissage des langues dans la première année de vie

Jusqu’à l’âge de 6 mois environ, les nourrissons sont capables d’entendre les différences entre les consonnes et les voyelles qui composent universellement les mots dans toutes les langues. À l’âge de 12 mois, la discrimination des sons de la langue maternelle du nourrisson s’améliore significativement, alors que la discrimination des sons non indigènes diminue (Kuhl et al., 2006). Ainsi, cela signifie qu’à l’âge de 12 mois, les nourrissons perdent leur capacité d’auditeur universel et se spécialisent dans leur(s) langue(s) maternelle(s).

Par ailleurs, la recherche montre que le cerveau du nourrisson est totalement capable d’apprendre deux langues simultanément. Cependant, la qualité et la quantité de la langue qu’ils entendent jouent un rôle clé dans ce processus d’apprentissage. Une étude montre que les nourrissons exposés à une nouvelle langue à l’âge de 9 mois à l’occasion de séances de jeu interactives avec un professeur apprennent en seulement 6 heures à discriminer les sons des langues étrangères à des niveaux équivalents aux enfants exposés à cette langue dès leur naissance. Toutefois, aucun apprentissage ne se produit si le même enseignement est présenté via des cassettes audio ou vidéo (Kuhl, Tsao, & Liu, 2003). Ainsi, l‘apprentissage précoce des langues dépend fortement des interactions sociales et de la qualité de la parole que les enfants entendent.

Que ce soit chez les enfants monolingues ou bilingues, le niveau de maitrise d’une langue reflète la qualité et la quantité de langue que les enfants entendent. Les jeunes enfants apprennent mieux grâce à des interactions sociales fréquentes et grâce à la qualité des conversations avec des locuteurs natifs.

 

the benefits of bilingualism

2- Vocabulaire et développement grammatical

 

Les jeunes enfants exposés à deux langues dès la naissance commencent généralement à produire leurs premières syllabes et leurs premiers mots au même âge que les enfants exposés à une seule langue. En outre, l’évolution du vocabulaire et de la croissance grammaticale ressemble beaucoup à la trajectoire suivie par les enfants monolingues. Les types de mots que les enfants apprennent et la relation entre le vocabulaire et la croissance grammaticale dans chaque langue reproduisent le modèle monolingue.

Néanmoins, l’effet de l’expérience bilingue sur la production et la compréhension de la langue se manifeste souvent par un décalage dans le vocabulaire et l’acquisition grammaticale. Bien que certaines études aient montré que les enfants bilingues respectent les normes monolingues, plusieurs études rapportent que les bilingues disposent d’un vocabulaire plus restreint dans chaque langue que les monolingues (Hoff et al., 2012). Étant donné que les recherches montrent que les compétences linguistiques des enfants reflètent la quantité de langue qu’ils entendent, ces résultats ne sont pas surprenants. Les bilingues divisent leur temps entre deux langues, et ainsi, en moyenne, entendent moins de chaque langue. Cependant, il est important de noter que les enfants bilingues ne sont pas en retard par rapport à leurs pairs monolingues lorsque l’on prend en compte les deux langues. Par exemple, les tailles de vocabulaire bilingues, lorsqu’elles sont combinées dans les deux langues, sont égales ou supérieures à celles des enfants monolingues. Des constatations similaires sont rapportées sur les mesures des connaissances grammaticales.

 

3-Apprendre à lire

La lecture est un processus complexe acquis par une formation explicite, généralement après que l’enfant ait appris à parler en phrases complètes. Des études portant sur des enfants monolingues démontrent le rôle essentiel du langage oral dans la lecture et la réussite scolaire. Des milliers d’enfants américains se retrouvent dans des situations où ils doivent acquérir les bases de la lecture dans une langue qu’ils ne parlent pas ou où leurs connaissances linguistiques sont extrêmement pauvres. Cependant, la recherche démontre que l’exposition à deux langues augmente la conscience phonologique, qui est la capacité de reconnaître et de manipuler les unités sonores de la langue et qui est l’un des meilleurs prédicteurs de la capacité de lecture.

the benefits of bilingualism

4-Les avantages cognitifs du bilinguisme

Contrairement à ce que l’on pensait autrefois, le bilinguisme ne cause aucune confusion. La recherche montre même que l’exposition simultanée à deux langues engendre plusieurs avantages cognitifs. Une partie de la préoccupation concernant la confusion provient de ce qu’on appelle «mélange de code» ou «changement de code» (« code switching » en anglais).

Les enfants bilingues combinent parfois des mots ou des expressions des deux langues lorsqu’ils interagissent avec leurs pairs, leurs parents  ou leurs enseignants. Il est important de comprendre que le changement de code est naturel pour les adultes et les enfants bilingues et reflète le fait que les bilingues connaissent souvent certains mots mieux dans une langue que dans l’autre. Le changement de code chez les adultes et les enfants bilingues est régi par des règles et non pas au hasard, et les enfants bilingues suivent les mêmes principes que les adultes bilingues (Paradis, Nicoladis et Genesee, 2000).

Plutôt que de provoquer de la confusion, on comprend maintenant que le besoin constant de gérer l’attention entre deux langues favorise la pensée des enfants sur le langage en soi et conduit à une augmentation des compétences métacognitives et métalinguistiques (Bialystok, 2007). Les enfants bilingues dès l’âge de 7 et 12 mois se sont révélés être des apprenants plus flexibles comparés aux enfants monolingues (Kovacs & Mehler, 2009).

De plus en plus de preuves suggèrent que les bilingues présentent de meilleures performance en matière de fonctions exécutives (Bialystok, Craik et Luk, 2012) notamment en ce qui concerne l’attention, la flexibilité de la pensée (flexibilité cognitive) et la mise à jour des informations dans la mémoire de travail. Le bilinguisme exige une attention constante à la langue cible. L’expérience des bilingues avec deux langues améliore les réseaux cérébraux pertinents, ce qui les rend plus robustes pour le fonctionnement exécutif tout au long de leur vie. Il est intéressant de noter que l’effet cumulatif des deux langues se traduit également par des effets protecteurs contre le déclin cognitif avec le vieillissement et l’apparition de la maladie d’Alzheimer (Craik, Bialystok et Freedman, 2010). De récentes études cérébrales indiquent que les différences en matière de fonctions exécutives entre les monolingues et les bilingues se vérifient dès la petite enfance (Ferjan Ramírez et al., 2016) et persistent tout au long de la scolarité (Arredondo et al., 2016) et à l’âge adulte (Abutalebi et al Stocco et Prat, 2014).

 

 

the benefits of bilingualism

Conclusion

De plus en plus de recherches indiquent que le bilinguisme modifie non seulement les modes d’acquisition et d’utilisation du langage, mais aussi les processus cognitifs dès le plus jeune âge. Les enfants bilingues présentent des performances égales ou meilleures  que les monolingues lorsque les deux langues sont prises en compte. Les études suggèrent que l’apprentissage optimal est obtenu lorsque les enfants commencent à apprendre deux langues à un âge précoce (c’est-à-dire entre la naissance et l’âge de 3 ans) grâce à des interactions de qualité avec des êtres vivants et que l’exposition aux deux langues est maintenue tout au long de l’enfance. On constate que les environnements les plus propices à l’apprentissage bilingue sont ceux où les parents considèrent le bilinguisme comme un atout qui apporte des avantages cognitifs, sociaux et économiques importants et qui utilisent quotidiennement un langage de qualité pour communiquer avec leurs enfants.

 

Source: http://ilabs.uw.edu/Bilingual_Language_Learning_in_Children.pdf

 

International Referral Program VivaLing

VIVALING – “Tous les enfants sont des génies linguistiques”

LePetitJournal.com – 18 fevrier 2016

Citoyen du monde et polyglotte, Bernard Golstein a monté la première académie de langues en ligne pour les 3 à 15 ans sur un constat : seul l’enfant peut vraiment acquérir une langue étrangère. Grâce à une méthodologie fondée sur les dernières avancées des neurosciences et une approche ludique, VivaLing a l’ambition secrète de changer la vie des enfants en leur permettant de communiquer avec aisance en plusieurs langues. Mais aussi de faire avancer la linguistique.

De son enfance nomade, Bernard Golstein a gardé un attachement profond aux langues étrangères. Au gré des expatriations de ses parents et de ses brillantes études, il apprend à maîtriser une demi-douzaine d’idiomes, “un cercle vertueux” dit-il.  Pour son premier poste en Turquie, il réalise rien de moins qu’une “grammaire du turc”. “Le turc est une langue d’une logique extrême, explique en souriant cet ingénieur de formation. Je me suis amusé à faire une grammaire très scientifique avec des formules mathématiques, qui a eu son lot de détracteurs et de fans”.
Avec son épouse sud-africaine, il s’installe ensuite en Inde, toujours pour  une multinationale française dans le secteur de l’énergie. Là, tout change, son aptitude à apprendre diminue. “J’ai eu la révélation lorsque j’ai fait du hindi : problèmes de prononciation, d’accent, de grammaire, de vocabulaire…” Pourquoi ? “Deux facteurs : la plasticité du cerveau diminue avec l’âge, mais il y a aussi une raison psychologique : on n’a pas envie de faire des erreurs à un certain âge, d’être évalué négativement. Ce phénomène s’appelle l’anxiété langagière et touche beaucoup moins les enfants.”

Le cerveau d’un enfant est un processeur statistique”
L’enfance est donc le moment où la langue doit être apprise pour se rapprocher du niveau d’un locuteur natif. Un enjeu d’autant plus important qu’une récente étude montre que 23% des Français affirment avoir raté un emploi faute de parler correctement l’anglais. “Alors que les moyens dévolus à l’enseignement aux adultes sont considérables, avec des résultats variables (certains adultes peuvent apprendre, d’autres se heurtent très vite à un plafond), j’ai pris conscience de l’importance de l’âge pour l’apprentissage. Or, il n’existait pas d’offre homogène, accessible partout sur la planète et à un coût raisonnable”.
C’est ainsi qu’installé à Singapour, Bernard Golstein s’associe à Wang Zihan, une Chinoise également passée par l’école des Mines de Paris, et fonde VivaLing avec une démarche très différente de sa “grammaire turque”,  où il traquait l’exactitude des expressions et des accords. “Notre approche pour les enfants est fondée sur une logique de communication, un apprentissage plus implicite qu’explicite. Le cerveau d’un enfant est un processeur statistique. On l’expose à une grande quantité de langage, et en lui le modèle s’affine en fonction du feedback qu’on lui donne. Son cerveau fait des hypothèses et il les teste”.
Avec Abbie Adeyeri, sa responsable pédagogique américaine, sur la base de travaux de l’université de Nottingham ou du professeur Patricia Kuhl de l’université de Washington, VivaLing crée sa propre méthode, spécifique pour les enfants et l’apprentissage en ligne. “Elle est basée sur l’enseignement de langue communicatif (où la communication est à la fois un objectif et un moyen d’apprentissage), et est renforcée par une approche structuréeOn apporte aussi une dimension ludique, tout en étant très sérieux, nous veillons à l’épanouissement de l’enfant.”
Les professeurs de VivaLing, tous locuteurs natifs et hautement qualifiés, enseignent l’anglais, le chinois, l’espagnol et le francais aux enfants en ligne, par vidéo en temps réel, en utilisant une technologie de pointe. Ils sont formés à avoir un contact visuel avec leurs élèves, à regarder à travers l’écran. La durée des cours est très variable (15, 25, 40 et 55 minutes), afin de s’adapter au mieux à l’âge et à la concentration de l’enfant. Tout est personnalisé. “On enregistre toutes les séances et on va ainsi pourvoir déterminer ce qui est efficace et ce qui ne l’est pas. On a l’ambition secrète de contribuer à faire avancer la didactique des langues, on en a l’envie et les moyens.”

Bernard Golstein, co-fondateur de VivaLing

Les bébés, auditeurs universels
VivaLing a été sollicité pour établir des partenariats notamment avec l’une des plus prestigieuses universités singapouriennes. “Nous réfléchissons d’ailleurs à une offre pour les nourrissons, nous avons déjà des parents volontaires, des personnes qui nous connaissent déjà et qui ont compris notre approche. Quand les bébés naissent, ils sont auditeurs universels. Vers un an, ils perdent la faculté de percevoir les sons qui ne leur sont pas utiles. Prenons l’exemple des Japonais. Ils ne font pas la différence entre le « l » et « r », car il existe un son intermédiaire dans leur langue. Si on parvient à immerger le bébé dans ces contrastes, le cerveau conservera la faculté de les entendre. Ce qui est très intéressant, c’est que les bébés ont besoin d’interaction sociale pour que ça marche. Leur faire entendre des sons ne suffit pas, il faut le regard, l’attention de l’autre.”
La période sensible, l’âge où l’apprentissage se fait le mieux, prend fin juste avant la puberté. “Les enfants, contrairement à une idée reçue, apprennent plus lentement, mais vont aller plus loin. Si elle est pratiquée à la puberté, une langue a plus de chances de rester. Sinon, c’est ce qu’on appelle l’attrition, l’oubli conscient de la langue peut être fulgurant et quasi total”.

Jeter des ponts entre les adultes de demain
Aujourd’hui Vivaling a des étudiants dans une trentaine de pays et s’implante en Chine. La société entend être un fil rouge pour les expatriés qui voyagent mais aussi plus largement un “facilitateur” dans ce monde global. “Le comité de direction de VivaLing ressemble au conseil de sécurité de l’ONU par les nations qui y sont representées … tout en fonctionnant très bien ! explique Bernard Golstein. Nous sommes nés digitaux et globaux. L’accès internet est dans certains pays comme l’Inde plus développé que celui à l’école. Avec nos méthodes, nous pouvons avoir un impact social fort en nous dirigeant vers les plus défavorisés. Internet est une façon d’amener des enseignants à des enfants. Lorsqu’on communique, les préjugés diminuent considérablement. En apprenant les langues aux enfants, nous souhaitons jeter des ponts entre les adultes de demain”.

https://www.lepetitjournal.com/expat/education/238358-vivaling-tous-les-enfants-sont-des-genies-linguistiques

Portrait d’alumni français n°2 : WANG Zihan, Fondatrice, VivaLing

Afin de célébrer le lancement de la plate-forme France Alumni à Singapour le 17 novembre prochain, l’Ambassade de France vous propose de découvrir chaque semaine le portrait d’un étudiant singapourien qui a étudié en France pour qu’il nous parle de son parcours, de sa carrière et de sa relation avec la France. Cette semaine, nous sommes allés à la rencontre de WANG Zihan, Chinoise installée à Singapour depuis 10 ans et co-fondatrice de la plateforme d’apprentissage des langues pour les enfants VivaLing.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Zihan, je suis Chinoise mais j’ai fait mes études à l’Université Nationale de Singapour puis un diplôme d’ingénieur à l’Ecole des Mines de Paris. Maintenant je suis la directrice des opérations de VivaLing, une académie de langues en ligne pour les enfants que j’ai cofondée.

photo Zihan

Pourquoi avoir choisi de faire vos études en France ?
Pour la plupart des Asiatiques, la France a cette image romantique. J’étais attirée par la culture depuis que j’étais petite : mon père était allé en France et m’avait rapporté des cartes postales. J’étais donc très excitée et motivée pour participer au programme FDDP (French Double Degree Program) de l’Université Nationale de Singapour (NUS) qui me permettrait de partir deux ans et demi en France et de vraiment découvrir le pays, et j’ai eu la chance d’être acceptée.

Quelles différences avez-vous remarquées entre les systèmes universitaires singapouriens et français ?
J’ai adoré étudier aux Mines de Paris. C’est la meilleure grande école en France ! L’atmosphère était unique. Je me souviens notamment de deux semaines de stage géologique dans les Alpes et d’une semaine de ski où nous allions sur les pistes le matin et étudier les mathématiques l’après-midi. C’était très surprenant pour les Asiatiques de découvrir que l’on pouvait enseigner comme ça. J’ai également beaucoup aimé que l’on puisse réaliser autant de stages. Mon premier stage, je l’ai fait dans l’atelier de l’Oréal à Paris, puis je suis parti à la McGill University au Canada pour un stage de biologie. Le très bon réseau de l’école nous a également permis de faire des échanges à Madrid ou bien à Amsterdam, d’aller visiter les usines de Peugeot Citroën ou les institutions européennes à Bruxelles. C’est extrêmement précieux et inoubliable. Une différence notable est qu’aux Mines, les cours changeaient toutes les semaines, alors qu’à Singapour, nous recevions un emploi du temps identique pour tout le semestre ! Nous avions la liberté de choisir nous-mêmes nos matières et nos sujets d’études parmi des possibilités très variées. C’était très enrichissant. Je pense que beaucoup d’opportunités qui m’ont été offertes dans mon parcours viennent de mon passage aux Mines.

Pouvez-vous nous parler de l’influence que votre expérience en France a eue sur votre parcours professionnel et votre vie personnelle ?
Premièrement la langue française a eu une grande influence sur moi. Mon envie de créer VivaLing a été motivée par mon expérience en France et ma découverte de sa culture. Je me souviens de mes premiers échanges linguistiques à Grenoble et Vichy, où je vivais chez des familles françaises. La langue est pour moi la clé de la porte des différentes cultures. Par ailleurs, apprendre des langues vous offre tellement de nouvelles options et de possibilités de vies ! C’est très riche. J’ai également appris le japonais mais le français reste ma langue préférée ! Ecouter RFI dans le MRT le matin fait partie de ma routine quotidienne. Le français et les langues sont donc vraiment une passion pour moi et il était normal que je veuille en faire mon métier.
Ensuite, je pense que les Français m’ont permis de m’ouvrir et d’apprécier la vie. En Chine et à Singapour, le rythme est très rapide, les gens ne s’arrêtent jamais. Moi-même avant, j’étudiais tout le temps, sans même réfléchir pourquoi, j’étais une nerd. La France m’a appris à prendre le temps, et m’a aussi donné confiance en moi. C’est grâce à cela que j’ai pu avoir le courage de créer VivaLing.
Grâce à la culture et à la société françaises, j’ai également appris à prendre du recul. On a plus de libertés. Par exemple en Chine, mes parents se mettent beaucoup la pression. En France, c’est plus détendu.
Professionnellement, la France a eu un impact très concret, puisque mon associé, Bernard Golstein est également un alumni des Mines, que j’ai pu rencontrer lors d’un évènement dédié à cette communauté à Singapour !

Pouvez-vous nous parler de votre expérience d’entrepreneuse et de VivaLing ?
VivaLing a été créé en 2014. Concrètement nous offrons un service d’enseignement des langues en ligne pour les enfants de 3 à 15 ans. Avec mon associé, nous pensons comme je vous l’ai dit que les langues sont un outil formidable dans la vie tant au niveau professionnel que personnel. Par ailleurs, des études ont prouvé qu’il était bien plus facile d’apprendre une langue lorsqu’on était jeune car notre cerveau est plus réceptif et plus agile pour capter certaines sonorités et les mémoriser. Nous avons donc voulu proposer une solution à tous les parents qui souhaitent donner à leurs enfants un formidable atout pour leur avenir en leur apprenant une ou plusieurs langues vivantes. Pour cela nous pensons qu’il est indispensable que l’enfant crée un lien fort avec cette nouvelle langue pour aimer l’apprendre et progresser.

Notre concept est donc de proposer des séances de langue en vidéo conférence, en sessions individuelles ou par tout petit groupe (2-3 enfants), sur un format très personnalisé, et avec des coachs non seulement natifs mais également spécialisés dans l’enseignement pour les enfants. Nous réalisons des entretiens avec les parents pour connaitre les goûts de chacun de nos élèves et ainsi un enfant fan d’Harry Potter pourra apprendre du vocabulaire avec des images de l’univers du sorcier. Toutes les sessions sont enregistrées, afin que les parents puissent suivre l’apprentissage de l’enfant et que celui-ci puisse retravailler ensuite tout seul. Les enfants aiment beaucoup faire des jeux en ligne avec l’aide et l’encouragement de leur coach, notamment pour voir s’ils arriveront à répondre aux questions plus rapidement que l’ordinateur !

Nous souhaitons proposer un enseignement d’excellence tout en profitant des atouts des nouvelles technologies, qui permettent d’offrir une grande flexibilité, un fort niveau de personnalisation et des outils d’apprentissage ludiques et stimulants.

Nous bénéficions aujourd’hui d’une très bonne réputation, avec un taux de satisfaction de 96% de nos clients. 90% de nos élèves apprennent le mandarin et l’anglais mais nous proposons aussi le français, l’espagnol, le néerlandais …

Actuellement, nous avons des élèves dans 18 pays et nous sommes très fiers de pouvoir aider tous nos élèves à devenir des citoyens du monde !

Enfin, pouvez-vous nous parler de votre engagement au sein de la communauté alumni et de vos attentes envers la future plate-forme ?
Je fais partie des fondateurs de l’association des alumni du programme FDDP et la préside désormais. Nos membres ont des parcours exceptionnels et s’en sortent très bien donc nous pensons qu’il est important de créer du réseau. Nous aidons aussi les jeunes qui partent en France à s’installer, s’organiser ; et nous les accompagnons également après leur retour pour leur poursuite d’études. J’espère que la future plate-forme France Alumni sera un succès et contribuera à créer du lien entre les francophiles et les Français de Singapour !

http://www.ambafrance-sg.org/Portrait-d-alumni-francais-no2-WANG-Zihan-Fondatrice-VivaLing

 

5 mythes sur l’apprentissage par votre enfant d’une seconde langue

Un jour sans-doute vous aurez à décider d’encourager ou non votre enfant à apprendre une seconde langue. Voila 5 mythes qu’il vous faut d’abord dissiper.

  • Mythe 1 : La plupart des enfants sont monolingues, pourquoi se faire du souci ?

Et bien non. Plus de la moitié de la population mondiale grandit en fait en parlant plus d’une langue. Pour commencer, certains pays (comme par exemple Singapour) sont officiellement multilingues, et beaucoup d’autres le sont en pratique. En Chine, si le mandarin est la lingua franca, des centaines de millions de personnes parlent des langues régionales comme le shanghaïais, le cantonais ou le hokkien. En Inde la plupart des gens parlent l’une ou l’autre, voire les deux langues nationales (anglais et hindi), une langue régionale officielle (il y en a 22), et une langue locale ou familiale. Même en Europe, de plus en plus d’enfants grandissent avec plusieurs langues tant et si bien que les multilingues forment maintenant 54% de la population.

  • Mythe 2 : Laissez les enfants tranquilles, ils apprendront quand ils seront grands.

Si seulement c’était le cas – mais ce ne l’est pas. Il est vrai que les adultes progressent beaucoup plus vite, au début, grâce aux capacités analytiques et au savoir accumulés pendant toute leur vie. Mais ils plafonnent très rapidement. Et la hauteur de ce plafond varie grandement d’un individu à l’autre. En revanche, les enfants commencent peut-être plus lentement, mais eux – et eux seuls – pourront surmonter les difficultés de prononciation, d’exactitude et de fluidité. Gardez cette règle générale en tête : l’âge d’acquisition d’une langue est une très bonne indicateur du niveau finalement atteint. L’enfance est en effet une période sensible pour l’apprentissage des langues. Ah, et au fait, ils peuvent aussi apprendre en s’amusant.

  • Mythe 3 : Les enfants multilingues ont un retard de développement langagier.

Faux. Les enfants grandissant avec deux langues ou plus n’ont pas de retard de développement langagier particulier. Évidemment, leur vocabulaire dans l’une ou l’autre langue sera souvent inférieur à celui d’un monolingue ; mais pris ensemble, les vocabulaires des deux langues sont au moins aussi importants que celui d’un enfant monolingue. Il y a aussi des interférences positives, comme un savoir métalinguistique acquis au travers d’une langue et transféré à l’autre.

  • Mythe 4 : Les enfants multilingues confondent leurs différentes langues.

Non, pas du tout. En fait, dès la naissance, les enfants peuvent distinguer des langues différentes. Ce qui effectivement se produit, c’est qu’au cours d’une conversation, un enfant parlant plusieurs langues les mélange (au sens de “combine” ou “utilise simultanément”) mais ce n’est pas de la confusion. On appelle cela le code switching (et je viens de l’illustrer en utilisant un terme en anglais). Quelle en est la cause? C’est souvent que le bon mot vient d’abord à l’esprit de l’enfant dans l’autre langue (et peut-être ne le connait-il même pas dans la première langue). Cela n’arrive que lorsque l’enfant sait que son interlocuteur parle aussi la seconde langue. En conversation avec un monolingue ou si on leur demande de ne pas faire de code switching, les enfants s’en tiendront à une seule langue.

  • Mythe 5 : Il n’y a pas vraiment d’avantages à apprendre d’autres langues.

Ah bon ? Tenez-vous bien, quelqu’un prétend avoir calculé récemment le retour sur investissement de l’apprentissage de langue en étudiant les salaires ; selon lui seul l’apprentissage de l’anglais vaut le coup ! Mais être multilingue, c’est tellement plus qu’avoir un salaire plus élevé. Une vraie réussite à l’école et au travail, en captant les détails les plus subtils. L’ouverture à d’autres gens et cultures, en parlant à leur coeur et non pas à leur cerveau. Les avantages cognitifs non linguistiques, comme une plus grande capacité à traiter des information contradictoires. Et même, comme cela a été découvert récemment, une survenue plus tardive des maladies du grand âge comme celle d’Alzheimer.

Convaincus ? Dites-nous tout !